jeudi 29 septembre 2016

Fin de chapitre

L’homme était caché au fond du jardin
Je tourne la page, assis dans ma véranda
Il mit ses gants, tendit un câble entre ses poings
Fin du chapitre : une gorgée de thé

Il traversa le soir vers le pavillon de campagne
Je pose ma tasse, allume la lumière, tourne la page
Une tête dépassait du fauteuil en osier
Sommeil, sommeil, sommeil : dernier chapitre

Les graviers de la terrasse roulaient sous ses pieds
Mon fauteuil grince autour de moi
Il poussa sans un bruit la porte de la véranda

Quelque chose de froid sur mon cou

Au rang de personnage

Je croyais que j'écrivais sur ma vie parce que je connaissais déjà l'histoire, mais, en fait, c'est parce que je voulais m'élever au rang de personnage.

mercredi 28 septembre 2016

Ce que tu cherches te cherche

– Même si tu ne sais pas ce que tu cherches, ce que tu cherches te cherche.

mardi 27 septembre 2016

lundi 26 septembre 2016

Ineo!

– Ineo!

– Mais tu as réussi à dire ton prénom! C'est génial! C'est la première fois que j'entends ça!

– Valentina!

– Ah oui? C'est un long mot: bravo! Tu l'aimes bien Valentina?

– Aime, oui!

La vie, elle tourne

– La vie, elle tourne.

– Oui, Lucie: tu as tout à fait raison! Pourquoi tu dis ça?

– C’est des mots que j’avais dans ma tête.

dimanche 25 septembre 2016

Le vie zen

"La vie zen... sans avoir besoin d’être moine

Il y a douze points basiques et fondamentaux pour mener une vie semblable à celle des moines Zen sans avoir besoin d’en devenir un:

1. Une chose à la fois. Tâche après tâche, pas de multitâches. Un proverbe Zen dit: "quand tu marches, marche. Quand tu manges, mange."

2. Fais chaque chose lentement et avec un but. Bien que tu ne fasses qu’une chose à la fois, chacune d’elle peut être réalisée de manière aléatoire et dans la précipitation. Au contraire, tes actions devront être motivées et réalisées posément, ainsi tu gagneras en concentration.

3. Fais-le pleinement. Concentre ton esprit sur ta tâche et termine-la avant de passer à la suivante. Si quelque chose reste inachevé, mets complètement cette tâche de côté sans te laisser aucune échappatoire. Si tu prépares une collation, ne la mange pas jusqu’à ce que tu aies rassemblé et nettoyé tout ce qui t’a servi à la préparer.

4. Fais moins. La vie d’un moine Zen n’est pas paresseuse. Il se lève tôt et travaille toute la journée, mais il ne laisse pas de tâches inachevées. Réalise que les tâches que tu vas accomplir vont être celles-ci et aucune autre. Moins de tâches signifie mettre ton attention sur elles et les réaliser pleinement. Avoir de nombreuses tâches planifiées te fera sauter de l’une à l’autre rapidement sans réfléchir et sans te focaliser sur elles.

5. Espace les tâches. Disposer de temps entre les tâches t’aidera à te concentrer sur elles et à les terminer. Un programme détendu t’aidera à accomplir les tâches qui durent plus que prévu en disposant du temps nécessaire pour les mener à bien.

6. Développe des rituels. Les moines Zen ont leurs propres rituels pour les tâches qu’ils accomplissent, depuis manger jusqu’à faire le ménage ou méditer. Ceci leur permet de leur donner une attention maximale parce qu’elles sont accomplies posément, correctement. Tu n’as pas à suivre un rituel: crée les tiens pour chaque tâche que tu effectues, préparer la nourriture, nettoyer, te réveiller ou te coucher, jusqu’à te préparer à faire de l’exercice.

7. Affecte du temps à certaines tâches. Il y’a des tâches quotidiennes qui requièrent un horaire spécifique. Détermine le temps pour faire ta toilette, pour travailler, pour faire le ménage ou pour manger. Cela garantit que ces tâches soient menées à bien régulièrement. Si pour toi une tâche est suffisamment importante pour être menée à bien régulièrement, affecte-lui le temps nécessaire.

8. Prends le temps de t’asseoir. Un élément clé de la vie du moine Zen est la méditation assise (zazen). Cela implique de désigner un temps simplement pour s’asseoir. La méditation est une pratique qui aide à se trouver, mais il n’est pas nécessaire de la réaliser uniquement en étant assis. N’importe quel exercice peut être une bonne pratique pour te centrer sur toi-même, toute activité peut t’aider à te trouver.

9. Souris et aide les autres. Les moines Zen passent une partie de leur journée au service des autres. Ceci enseigne l’humilité et éloigne l’égoïsme de leurs vies qui sont orientées vers le service. Dans ta famille ou en dehors, tu peux consacrer ce temps aux autres. De même, sourire et être aimable avec tout le monde aide à améliorer la vie que ceux qui t’entourent. Pense à t’engager comme bénévole.

10. Fais que faire le ménage ou la cuisine fassent partie de la méditation. En plus de la méditation zazen, le ménage et la cuisine sont des éléments importants de la journée d’un moine Zen. Ces tâches peuvent devenir exaltantes si elles sont réalisées jour après jour comme des pratiques de connaissance de soi. Si pour toi elles sont ennuyeuses, essaie de les inclure à la médiation, concentre-toi sur elles, fais-les lentement et complètement: ta journée changera du tout au tout (et ta maison sera plus propre).

11. Demande-toi ce qui t’est nécessaire. Il y’a peu de choses dans la vie d’un moine Zen qui ne soit pas nécessaire. Dans sa garde-robe, il n’y a pas de vêtements spéciaux ni de nombreux souliers, pas d’outils technologiques, de voitures ni de malbouffe (son régime alimentaire est végétarien). Il n’est pas nécessaire de vivre comme un moine zen, mais nous devons nous rappeler qu’il y’a beaucoup de choses dans la vie qui ne sont pas nécessaires, et il est intéressant de nous demander de quoi nous avons vraiment besoin dans nos vies et quelles sont les choses qui sont nécessaires.

12. Vis simplement. C’est le corollaire de la règle 11: si ce n’est pas nécessaire, tu peux vivre sans. Libère-toi de ce qui n’est pas nécessaire ou essentiel. Pour chacun, ce sera différent: la famille, la lecture, l’exercice ou les amis peuvent s’avérer essentiels dans votre vie. Décide ce qui est le plus important pour toi et fais-lui de la place dans ta vie en éliminant ce qui n’est pas essentiel."

samedi 24 septembre 2016

Moi

Toutes les questions n'appellent qu'une seule réponse: moi. 

vendredi 23 septembre 2016

Les mains dans le cambouis

– Si tu es toute l'année les mains dans le cambouis avec les ateliers d'écriture, à décortiquer chaque page, tu perds un peu de magie. Tu sais, je crois qu'il faut savoir un peu comment on fonctionne, mais pas trop.

jeudi 22 septembre 2016

Ce qu'on pourrait avoir

– Celui qui ne se contente pas de ce qu’il a ne se contenterait pas non plus de ce qu’il veut avoir.

mardi 20 septembre 2016

La franchise passe par la chronologie

Une note, de 1999:

"La franchise passe peut-être par la chronologie (faire l’effort de classer les détails, les sensations, faire semblant de les découvrir en les écrivant)."

lundi 19 septembre 2016

dimanche 18 septembre 2016

Just a game!

– Ces temps, je lis beaucoup les théoriciens américains: comment écrire un super scénario en vingt-deux étapes, en quinze, en sept...

– Moi, de plus en plus, je vois ça un peu comme l'Oulipo: des contraintes que tu te donnes pour structurer ton texte.

– C'est exactement ça: des règles du jeu pour m'amuser autrement avec ces gros chantiers de bouquins que je ne sais plus trop comment faire bouger...

– Just a game, my friend, just a game!

samedi 17 septembre 2016

Comment veux-tu être racontée?

En travaillant sur l'histoire familiale de Carlos, je comprends mieux une des choses qui ne va pas dans le Bergstamm: peu d'infos sur Chessex et beaucoup d'infos sur moi, alors que les lecteurs seront beaucoup plus intéressés par Chessex que par moi.

Alors, si je tiens vraiment à ce bouquin, il va falloir trouver une autre manière de raconter cette histoire, une manière de l'inventer et de me l'approprier, dans le fond et dans la forme.

Dans le journalisme, on appelle ça trouver un angle. Chez les gourous d'Hollywood, on parlera d'un développement organique de l'intrigue, des personnages et de leur environnement. Je me dis que j'ai surtout envie de tendre l'oreille: histoire, ma belle histoire, toi qui es venue jusqu'à moi, comment veux-tu être racontée?

vendredi 16 septembre 2016

Nous n'y sommes pour personne

Saint-Romain-le-Puy: notre voiture dans le jardin de Mamie Cath, devant son garage.

En allant jeter un œil sous les sièges pour essayer de retrouver le doudou et la lolette d'Ineo, dans le premier soir, entre quelques gouttes, je me dis que c'est quelque chose d'extraordinaire, notre voiture, là, dans le jardin d'un petit bled au milieu de la France.

Plus j'y pense, moins je trouve ça formidable, mais mon intuition m'accompagne jusqu'à la porte de la petite maison blanche, mon doudou et ma lolette à la main: nous n'y sommes pour personne, mais nous y sommes.

Vivre de l'écriture

Étonnamment, je me rends compte que je commence à pouvoir vivre de l'écriture. Pas comme je le pensais, grâce à une suite ininterrompue de best-sellers, mais avec tout ce qui tourne autour: les ateliers, les cours, le suivi de manuscrits, l'édition, la traduction et le reste.

Le rêve nourri de mes années argentines est en train de se réaliser, mais pas exactement de la forme dont je l'imaginais.

jeudi 15 septembre 2016

Comme une bouteille d'eau

– Je suis comme une bouteille d’eau qui flotte au milieu du lac: la même eau dehors, la même eau dedans.

mercredi 14 septembre 2016

Quelque chose d'absolument inutile

Je passe mes journées à rêver de ce que je pourrais écrire et, chaque fois que je me mets à écrire, j'ai l'impression de faire quelque chose d'absolument inutile.

mardi 13 septembre 2016

Nous ne sommes pas faits pour posséder

– Regarder une chose, un paysage, une personne, avec amour, sans attachement, sans volonté d’appropriation, c’est mieux les voir, c’est voir clair, c’est regarder clairement ce qui est, « sans vouloir l’avoir » et, dans ce « laisser être ce qui est », l’apparition du don peut se révéler à nous. Tout nous est donné, rien ne nous est dû. Nous ne sommes pas faits pour posséder, nous sommes faits pour « être avec », ce qui n’est pas sans impliquer le sens de notre responsabilité à l’égard de toute chose, sens de la responsabilité qui se développe généralement en deçà de notre sens de la propriété…

dimanche 11 septembre 2016

Ce bout de corde

Une note, de 2011:

"C’est en me battant contre, en particulier contre moi, que je m’arrête.

Chaque fois, commencer par chercher le bout de la corde que je peux moi-même lâcher.

Savoir à la fois que la corde est à portée de main et qu’une partie de moi, beaucoup plus à l’aise dans cet état qu’elle voudrait bien le montrer, fait tout ce qu’elle peut pour je ne puisse pas le voir, ce bout de corde."

samedi 10 septembre 2016

Les exclus d'ici, les exclus de là-bas

La différence entre ma vision des exclus d'ici et celle des exclus de là-bas. 

Les fous et les pauvres de Buenos Aires me ressemblaient moins, j'avais donc moins de risque de leur ressembler. 


Quand la pauvreté et surtout la folie prennent un visage proche du mien, mon regard se tourne ailleurs et ma bienveillance déjà laborieuse s'évapore.

Son propre puits

– Nous marchons tous, nous creusons tous vers la Source. La Source est une, mais nous avons des puits différents et lorsqu’on a trouvé son puits, il s’agit de creuser son propre puits. Le problème vient de ce que lorsqu’on creuse, on ne voit pas le puits des autres, mais on les retrouve au fond du puits. Il y a un moment où l’on papillonne, puis on a trouvé son  miel, sa propre langue. Grâce à l’accompagnement de la tradition et de ses représentants, on va vraiment creuser son puits, sachant que l’on recherche toujours la réalité… il n’y a pas d’autre réalité que la Réalité.

jeudi 8 septembre 2016

Les voix en contre-jour

Quand le soleil passe derrière les arbres, les voix en contre-jour devant le soir du lac ont soudain des visages.

mercredi 7 septembre 2016

Quand je n'écris pas

L' écriture ne doit pas seulement m'amener à être présent quand j'écris, mais aussi et surtout quand je n'écris pas.

lundi 5 septembre 2016

Désarticuler un à un les jugements

La discussion avec Ariane, au début, ressemblait beaucoup à celle que j’ai pu avoir avec Jacques: mais pourquoi est-ce que tu te prends autant la tête dans ton blog, cesse de te regarder le nombril et vis un peu!

Et puis, c’est parti dans une autre direction: on se sent obligé de s’intéresser à toi et à tes questions sans réponses. Parce qu’en général, c’est vraiment sans solution, vraiment des apories.

Enfin, ça s’est terminé sur quelque chose de nouveau: c’est peut-être que les questions que tu te poses, je préférerais ne pas me les poser, le matin, comme ça, au réveil, parce que je te lis au réveil.

Du coup, je vois à quel point ce blog ressemble à l’expérience de Gustavo: noter toutes les pensées qui me passent par la tête pendant une semaine, histoire de mieux me rendre compte de qui je suis au fond, d’oser me regarder en face et de désarticuler un à un les jugements que je porte sur les autres et sur moi.

À la différence près que je propose ici une petite sélection de ces pensées à la vue des autres, en particulier à celle de mes quelques lecteurs fidèles, et que ces derniers sentent bien s’agiter, de temps en temps, une certaine correspondance avec l’une ou l’autre des intuitions qui circulent plus ou moins près de la surface de leur conscience.

dimanche 4 septembre 2016

Le chat vacances

– Bonjour Ineo!

– Pas Eo: chat!

– Alors: bonjour petit chat!

– Miaou!

– Comment il s'appelle le petit chat?

– Lalalalalalalalala: vacances!

– Bonjour petit chat vacances!


– Non non non: moi je dis, le chat, il s'appelle Buenos Aires!

samedi 3 septembre 2016

Décryptés par plus malin que moi

Toujours peur que mes textes soient décryptés – et donc, dans mon idée, réduits – par plus malin que moi. Pourquoi donc?

Une école de magiciens à la Harry Potter

La maison de maître de l'Institut littéraire suisse: une école de magiciens à la Harry Potter.

Si cette filière avait été créée dix ans plus tôt, j'aurais sans doute suivi son cursus.


Alors, pour me rattraper, je vais y apprendre à écrire grâce à mes futurs étudiants.

vendredi 2 septembre 2016

Une empreinte de l'existence

– Tout change quand vous commencez à émettre votre propre fréquence plutôt que d'absorber les fréquences autour de vous, quand vous commencez à laisser votre empreinte dans l'univers plutôt que de recevoir une empreinte de l'existence.

jeudi 1 septembre 2016

Une identité

Le simple fait de vivre à Buenos Aires me donnait une identité, comme ça, sans rien faire.