samedi 28 février 2015

Prendre appui sur ma langue

Une note, de 2007: 


"Mieux sentir comment et quand se construit la tension dans mon ventre, la tension dans ma bouche avec ma langue écrasée sur le haut de mon palais. Comme si, d’une certaine manière, je devais prendre appui sur ma langue, comme si j’avais besoin de ça pour rester en équilibre. Mon sentiment de vide quand je la ramène consciemment au centre de ma bouche, sentiment désagréable de flotter à l’intérieur de mon corps. De quoi est-ce que ça peut bien venir, tout ça."

vendredi 27 février 2015

De l'énergie pour faire rien

Le soir, j'arrive encore à trouver un peu d'énergie pour faire quelque chose, pas pour faire rien. 

jeudi 26 février 2015

Un soleil d'Inde

Ce matin, le soleil rouge entre les arbres était un soleil d'Inde, celui qui était monté dans le ciel là où Bouddha est mort. 

mercredi 25 février 2015

La double passion de Walter Bergstamm

Le titre de ce livre m’est apparu au tout début, en même temps que le nom des personnages: La double passion de Walter Bergstamm.

Mon erreur a été jusqu’à présent d’en faire deux passions parallèles: Caudélia et l’amour d’un côté, Dieu/Chessex et l'écriture de l’autre. Il faut que je les tresse mieux et je suis sûr que le livre se refermera spontanément sur lui-même.

Dieu doit arriver par Caudélia, il doit être l'instrument dont elle se sert pour manipuler Walter, n’apparaître qu’à travers son discours à elle et rester à distance, muet, menaçant, pétrifiant. On va certainement beaucoup mieux s’amuser comme ça!

Laisse le poème venir te chercher

- Ne cherche pas le poème, laisse-le venir te chercher.

lundi 23 février 2015

La table a quatre pieds

- Je t'aime beaucoup tu sais!

- D'accord. 


- J'ai beaucoup de chance d'avoir une petite fille comme toi!

- Pourquoi la table elle a deux pieds?

- Elle en a pas deux, elle en a quatre: là, là, là et là. C'est pour être bien stable, pour tenir bien droit.

dimanche 22 février 2015

Les craquements de ma veste en cuir

Une note, de 2012:

"Dans la voiture, au feu rouge, je prends le temps d’écouter les craquements de ma veste en cuir, tous les craquements, ceux des manches, ceux du dos, ceux du col."

samedi 21 février 2015

Quand le 65 prend l'avenida La Plata

Après avoir rendormi Ineo, impossible de trouver le sommeil. Des souvenirs très précis de Buenos Aires: quand le 65 tourne pour pendre l'avenida La Plata, l’odeur des gaz d’échappement quand on ouvre la porte de l’appartement en hiver, Acoyte à traverser tard le soir pour entrer chez nous. Et des grosses larmes très profondes.

vendredi 20 février 2015

Mes instances rythmiques

Mes insistances rythmiques en musique: cesser de les envisager comme un défaut de technique pour y voir un langage.

jeudi 19 février 2015

Entre des sincérités contradictoires

– Les personnes qui exercent leur emprise sur d’autres sont sincères par flashs, dans le moment présent. Celles et ceux qui sont sous leur emprise, secouées entre tellement de sincérités contradictoires, en sont réduites à l’impossibilité narrative: elles ne peuvent plus ni se raconter ni même s'imaginer une histoire propre.

mercredi 18 février 2015

Quelques pistes de réponses en plus

Je me suis senti poussé à écrire le Bergstamm pour comprendre quelque chose sur moi. Sa rédaction m’a aidé à débroussailler, mais tant que je ne serai pas de plus au clair sur ce que je devais comprendre et que je n’aurai pas quelques pistes de réponses en plus, ce livre ne m’aura pas vraiment été utile et ne le sera pas non plus au lecteur.

mardi 17 février 2015

Dépendant aux émotions

Le but n'est pas de ne plus vivre d'émotions, mais de ne plus en être dépendant. 

lundi 16 février 2015

Le bonheur simple des phrases définitives

Un texte où rien n'est dépassé par la liberté de l'écriture ne vaut pas la peine d'être écrit.

Bonheur simple des phrases définitives: on s'encourage comme on peut. 

dimanche 15 février 2015

Puiser à d'autres sources

En écrivant, je m'épuise à faire revivre en moi des sensations physiques alors que ce qui doit naître est d'un autre ordre et doit puiser à d'autres sources. 

samedi 14 février 2015

Comme si vous ne saviez rien faire d'autre

Alors, qu'est-ce que tu étais en train de faire: tu allais chercher la lavette pour Ineo et tu t'es arrêté en route devant le calendrier et puis t'es parti faire autre chose, c'est ça non? Et il disait quoi, le calendrier, hein?


- Effectuez chaque geste, accomplissez chaque tâche comme si vous ne saviez rien faire d'autre. 

vendredi 13 février 2015

Recréer les conditions de l'inspiration

Pour faire naître un texte, j'épuisais mon énergie à recréer par l'écriture les conditions dans lesquelles il était arrivé au monde de m'inspirer alors qu'il m'aurait suffi de me laisser aller au présent de ce texte en train de voir le jour.


Suffi, suffi: vite dit...

jeudi 12 février 2015

L'intuition d'une place de parc

Avoir l'intuition de l'endroit exact où allait se libérer une place de parc, suivre toutes les étapes du processus mental.


Tiens, il y aura certainement une place là. Et puis quoi encore? Je vais quand même passer par cette rue, mais juste par acquis de conscience. Une place est prise sous mon nez: celle à laquelle je pensais, à quelques dizaines de mètres près. Trop tard, pas de bol: j'aurais dû passer directement par là... La place à laquelle je pensais est sur le point d'être libérée: trop beau pour être vrai! Bah, coïncidence. Notons, notons, contentons-nous de noter. 

mercredi 11 février 2015

L'ancre des manuscrits

- Les manuscrits dans les tiroirs sont souvent des ancres qui empêchent de gagner la haute mer.

mardi 10 février 2015

Je voulais fuir les répétitions

Je voulais fuir les répétitions alors que c'est là que se trouve ma poésie.

lundi 9 février 2015

dimanche 8 février 2015

Un pas de plus grâce à l'Ogre

Deux pistes pour boucler la bloucle du Bergstamm:

– Résoudre ma réalité dans la fiction de l’autre, celle de Chessex en l’occurrence. Caudélia dans la Thérèse que je lui ai empruntée, Walter dans Jean Calmet.

– Passer de la logique du vol avec sa peur de sanctions implacables – aussi terribles que mon roman m’est important – à une logique d’entraide où je m’appuie sur l’Ogre pour faire un pas de plus vers la liberté d’écriture.

samedi 7 février 2015

Préserver la structure de la langue

Pour me rassurer, à Buenos Aires, il fallait que je préserve la structure de la langue. Je m'y suis enfermé. 

vendredi 6 février 2015

Etcétéra

- C'est rigolo: la première fois que j'ai réécouté cet interview, j'ai fait attention au sens et là, je suis attentif au rythme: les accents toniques, les syllabes que je savonne tellement je suis pressé de dire des trucs...

- Et puis les etcétéra.

- Quoi les etcétéras?

- Oui, c'est le mot que tu dis quand tu réfléchis. Certains c'est euh, toi c'est etcétéra.

jeudi 5 février 2015

Un bisou dans la poche

– Qu’est-ce que tu fais pendue à ma poche?

– Un bisou! Voilà! Tac!

– C’est gentil de me mettre un bisou dans la poche: comme ça, je vais pouvoir le prendre avec moi!

mercredi 4 février 2015

Résoudre l'intuition

Quand j'aurai résolu l'intuition qui m'a fait me lancer dans le Bergstamm, je n'aurai plus besoin de ce roman et je pourrai le publier, une bonne fois pour toutes.

Le bain du formalisme

En Argentine, j'étais dans le quoi écrire, j'avais oublié le comment: à la fois le déluge de l'exotisme au quotidien et le projet, beaucoup trop vague pour me guider, de dire les choses simplement. L'erreur coûteuse d'avoir jeté le bébé de la recherche formelle avec le bain du formalisme.

lundi 2 février 2015

Le temps des mots n'est pas le même

Une note, de 2009: 


"L’écriture a différentes profondeurs. Le temps des mots n’est pas le même, leur efficacité non plus. Les mots plus profonds, les arrangements plus profonds demandent un rythme plus ample. La vitesse de l’écriture est une forme de leurre – ou une manière de se croire sans cesse en inspiration?"

dimanche 1 février 2015

Le sable au plus profond

Une note, de 1999:

"Le ciel se remplit de sable. Il ne s’agit pas du sable d’une plage ou de celui d’un désert, mais de celui que tu peux rencontrer au plus profond de ton corps."