lundi 31 octobre 2016

dimanche 30 octobre 2016

Raconter son voyage

Entendre Jean-Jacques parler de ses deux semaines au Pérou m'a rappelé mon voyage, le Voyage.

Pendant ces quatre mois à travers l'Amérique de Sud qui datent de bientôt vingt ans, plutôt que d'écrire ce que je rencontrais, j'ai noirci des carnets au sujet du sens profond de l'écriture, de Nathalie qui me quittait et de la manière la plus entière de mettre le monde en texte: bien trop banal, raconter son voyage!


Maintenant, je regrette un peu. 

La valeur du monde écrit

Pourquoi est-ce que le monde écrit aurait plus de valeur, plus d'intérêt que le monde vécu?


Comme d'habitude, c'est classer qui sépare.

vendredi 28 octobre 2016

Écrire un livre qui rapporte

Écrire un livre dont on pense qu'il pourrait rapporter de l'argent est une contrainte d'écriture comme une autre. Pas la moins intéressante, pas la plus riche non plus.

jeudi 27 octobre 2016

Le reflet de la route

Dans la vitre au milieu du car postal, le reflet de la route est posé sur le champ. Une séquence, très longue, sans paroles, sans musique: la route avance à côté de la route.

A la fin de la séquence, il ne resterait que le flottement: un flottement qui accompagnerait le spectateur pendant des jours, un flottement dont il ne pourrait plus se débarrasser.

mercredi 26 octobre 2016

Un triangle de vieil or

Le soleil a laissé un triangle de vieil or entre les gris au-dessus de Bellinzone.

Les différents bois des cheminées de San Vittore se marient avec l'encens d'un bâtonnet tout proche.

Ma place est déjà là

D'où vient ce désespoir qui me terrasse quand je n'arrive pas à écrire ce que je veux? Il vient du fait que je refuse de m'écouter moi-même, de prendre en compte ce qu'écrire veut vraiment dire pour moi. 

L'écriture qui me retient est celle qui me servirait à prendre ma place. Les mots qui veulent crier que j'existe me restent en travers de la gorge. 


Ma place est à découvrir dans l'écriture, pas à conquérir grâce à elle. Ma place est déjà là, personne ne peut me la donner, même pas moi, même pas à travers mes mots.

lundi 24 octobre 2016

Être dans ce voyage

Ce matin, je traverse les Alpes pour aller travailler.

Ce soir, je les traverserai dans l’autre sens pour retrouver mon chez moi provisoire.


Comment faire pour être dans ce voyage à travers les montagnes?

dimanche 23 octobre 2016

Les lieux me reviennent

Tous ces lieux où j'aimerais vivre, j'y ai déjà vécu dans des vies antérieures. Ils me reviennent, c'est tout.


Ne pas en déduire que je devrais être ailleurs.

samedi 22 octobre 2016

Frankenstein et les premiers jets

Pour ce qui est du premier jet, je crois qu’il faut nuancer un peu. Je dirais, pour ce qui me concerne, qu’il y a une posture mentale du premier jet et une posture mentale de la réécriture. Rien n’empêche donc – en tout cas, ça marche comme ça chez moi – de faire plusieurs premiers jets de la même histoire (ou de la même scène) et de laisser reposer (après et entre les jets) avant de faire Frankenstein en reprenant le meilleur des différentes versions.

L’important, je crois, c’est surtout de comprendre petit à petit comment entrer dans cet état mental du premier jet et comment y rester une heure ou deux pour pouvoir avancer. C’est une grosse partie du boulot!

vendredi 21 octobre 2016

mercredi 19 octobre 2016

Au milieu du champ

Il y a le paysage et il y a les mots du paysage. Les mots pour dire les couleurs, les mots pour dire les profondeurs, pour dire les lumières. Il y a les mots pour dire le passage du jour, les mots pour dire le passage des saisons, pour dire que la nuit tombe. Il y a les mots pour dire que, au milieu du champ, un homme marche et se penche en avant tous les trois ou quatre pas. Il a un grand sac à la main droite.

mardi 18 octobre 2016

Le soleil sur mes mollets

Pendant que je récitais le Shoshinge devant la tombe de Dellon, le dernier soleil de l'après-midi s'est posé sur mes mollets. Il a dessiné l'ombre du rosier autour de son nom, de ses dates, et mon ombre au bord de la tombe d'à côté.

Des visages au Tout

Là, devant la nouvelle pierre tombale de Dellon que Luca vient d'installer, après la causette avec Celia au sujet de sa maman, je me dis qu'un des rôles de ces proches qui partent, c'est de donner des visages au Tout.

dimanche 16 octobre 2016

Laissons dire et faisons bien

Sous la grande horloge à l’entrée de Saint-Prex, cette devise: Laissons dire et faisons bien.

samedi 15 octobre 2016

Au-dessus de ma tête

Cesser d'avoir au-dessus de ma tête cette impression qu'il y a quelque chose que je n'arriverai pas à faire.

vendredi 14 octobre 2016

Trois cartons de meubles

Non, les meubles qu’on vient d’acheter chez Interio ne vont pas rentrer dans notre voiture. Avec les deux sièges enfants : impossible. On va devoir faire plusieurs voyages.

– Salut ! Tu te souviens de moi ? Je suis Patrick, le mari de Céline la copine d’Arnaud.

– Euh… Oui, bien sûr ! Salut ! Excuse-moi d’être un peu direct : t’as une grande voiture ?

– Ben… oui. Enfin : oui et non... Avec nos trois filles, on a plus des masses de place.

– Parce qu’on vient de se rendre compte que ces trois cartons, là, on va pas arriver à les faire rentrer.

– Écoute, je vais voir avec Céline et je te dis.

À peine on a fini de payer, Patrick revient :

– Ça roule, on a fait de la place. C’est lequel qu’on prend ?

– Tu arrives à prendre ces deux ?

– Sans problème. Tu me donnes ton adresse et je te les dépose.

La solution de l'histoire

C'est l'histoire qui doit apporter une solution au problème dont souffre le personnage, pas l'auteur.

mercredi 12 octobre 2016

Dominique

Je pose mes sacs sur le siège du train pour Morges, j’accroche ma veste noire par son capuchon au crochet entre les fenêtres au-dessus des sièges et je m’assieds dans le sens de la marche. Autour de moi, les quatre sièges sont libres. Je sors le chargeur de mon portable et je le branche dans la prise juste sous le capuchon de ma veste. Je sors de mon sac un polar et je me mets à lire, un peu vite, en ne gardant à l’esprit que les articulations principales de l’histoire.
 
Un homme arrive dans le couloir en face de moi. Il voit que la place est libre et me fait un geste de la main vers la place en faisant une moue interrogative. Je lui dis que la place est libre, il s’assied. Je m’intéresse à son visage, des rides marquées autour de petits bourrelets ronds, des yeux bleus, très clairs. Il doit avoir plus ou moins mon âge. Sa présence me trouble, je ne sais pas bien pourquoi.
 
Il répond à un appel sur son portable. Sa voix me semble connue, mais de très loin. Il parle de clés à prendre, essaie de fixer un rendez-vous avec la personne qu’il a au bout du fil. Il raccroche. Il appelle quelqu’un d’autre. Il se met à parler de musique, d’un local dont il va recevoir les clés demain. Je me souviens d’un coup : il s’appelle Dominique, il est batteur, nous avons joué dans le même groupe il y a plus de vingt ans.
 
Ce groupe allait enregistrer un morceau pour un concours proposé par Marlboro, ils avaient besoin d’un flûtiste, ils nous avaient jeté, le batteur et moi, après plusieurs mois de répétitions, quelques semaines avant l’enregistrement. De nouveaux musiciens, des vrais pros, nous avaient remplacés. Le groupe, Latitude, avait gagné le concours et le morceau que nous avions répété passait plusieurs fois par jour sur Couleur 3.
 

Je veux parler à Dominique. J’attends qu’il termine son téléphone. Le train arrive à Morges. Dominique continue son téléphone. Je ne vais pas l’interrompre. Je me lève. J’attends le dernier moment pour sortir du train. Dominique est toujours au téléphone. Je lui jette un coup d’œil. Il téléphone encore, il ne me regarde pas. Je descends du train.

mardi 11 octobre 2016

Dans le même morceau

– Vous savez, hier soir, on est allé dans notre lit et on a mis de la musique sur l'ordinateur de papa : c'est une musique s'appelait Ineo.

– Comme moi ?

– Oui, comme toi. C'est une musique que papa aime beaucoup! Ça faisait inneeeeooooo! Et puis, à un moment, ça devient plus joyeux et ça fait luuuuuuuuuxxx! Lumière!

– Comme Lucie!

– Oui, comme toi.

– C'est drôle, j'avais pas remarqué...

– Moi, ça m'a tout de suite fait tilt: Ineo et Lucie, dans le même morceau.

Briller

Je me mets à l'écart de ma volonté de briller parce que je m'en méfie. Parce que pour briller, j'ai besoin des autres et que, vu ce que j'ai appris à croire, je ne leur fais pas assez confiance pour dépendre d'eux.

dimanche 9 octobre 2016

samedi 8 octobre 2016

Pourquoi mort?

– Tu sais, quand j'étais petit, je venais aussi me balader au bord du lac avec mon papa. Mais maintenant, il est mort.

– Pourquoi mort?

– Tu sais quand on devient vieux, comme Nana, comme tante Dellon, on meurt.

– Pourquoi mort?

– Moi aussi, un jour je serai vieux et je vais mourir.

– Pourquoi mourir?

– Et puis toi aussi, dans très très très très longtemps, tu seras vieux et tu seras mort.

– Gros bateau!

vendredi 7 octobre 2016

jeudi 6 octobre 2016

L´encre sèche mal

Une note, de 2011:


"L’encre sèche mal, je m’en mets plein sur le côté de la main."

mercredi 5 octobre 2016

Je ne suis pas attentif à la beauté

Je ne suis pas attentif à la beauté des gens qui m'entourent parce que je ne suis pas attentif à la mienne.

mardi 4 octobre 2016

Imaginer ce qui ne peut pas être dit

C'est ma capacité d'imaginer ce qui ne peut pas être dit qui me permettra de le comprendre.

dimanche 2 octobre 2016

Le parcours plutôt que les obstacles

Une intuition: chercher à montrer le parcours plutôt que les obstacles. Les obstacles se liront en creux et le processus de création sera, peut-être, plus fluide et plus organique.

samedi 1 octobre 2016

Une vie ne peut pas se réussir

Une vie ne peut pas se réussir, simplement parce qu’à la base, elle est déjà réussie.

Comme un personnage

Une des pistes serait peut-être de faire l’effort de se voir soi-même véritablement comme un personnage, de faire véritablement comme si on écrivait sur quelqu’un d’autre, quelqu’un qu’on connaît assez bien, mais qui peut encore nous réserver des surprises. Décrocher véritablement le je qui écrit du je dont on parle. Juste une piste.