jeudi 30 juin 2016

Tous les mots sont adultes

Pas pour rien que je lis maintenant Tous les mots sont adultes de François Bon. 

mardi 28 juin 2016

Faire de la limite une force

Sandra m'a proposé une exercice intéressant: vingt minutes d'écriture automatique sur le thème que je voulais puis encore cinq minutes, mais de ma mauvaise main. Voici les dernières lignes du jour:

"J'en veux à cette mauvaise main qui m'empêche de m'exprimer en allant si lentement, en n'étant pas foutue d'écrire, de pouvoir écrire. Faire de la lenteur une force, faire de la limite une force."

lundi 27 juin 2016

Deux êtres à part entière

Une des pistes données par Sandra: Lucie et Ineo sont nos enfants, mais ils sont avant tout deux êtres à part entière, c'est-à-dire avec eux aussi d'innombrables vies derrière eux, une expérience aussi étendue que la nôtre mais qu'ils expriment à leur manière, au sein de cette famille où nous nous sommes rencontrés.

dimanche 26 juin 2016

La liberté de vivre

Comment parler aux gens qui revendiquent ce qui leur fait du mal?

Ce mal qu'ils connaissent, ce mal qui leur appartient, dont ils ont essayé sans succès de se débarrasser et qui finit par les rassurer.


– Laisse-moi avec ma souffrance plutôt qu'avec ton bonheur! J'ai eu tant de peine à m'habituer à survire que la perspective de cette liberté de vivre dont tu me parles me carbonise!

samedi 25 juin 2016

Un bout de chemin vers ma voix

Reprendre le texte de Jean, c’est me mettre dans la peau de l’homme, dans la peau de celui qui ose, de celui qui a des couilles – dans la peau de celui qui se raconte tout ça pour se rassurer, mais là n’est pas le propos. C'est faire un bout de chemin vers ma voix grâce à lui.

vendredi 24 juin 2016

Une forme nourrie par ce qu'elle dit

À force de lire des livres où les gens racontent des histoires, j'ai tendance à oublier qu'on peut donner une véritable forme à un texte. Une forme qui nourrit ce qu'elle dit, une forme nourrie par ce qu'elle dit.

jeudi 23 juin 2016

Supporter la réalité

– Le rêve actif, éveillé ou endormi, est un bon médicament pour supporter la réalité.

– Il ne faut pas se tromper de cible: c'est ce qu'on prend pour la réalité qui est ce rêve dont il faut sortir.

– Se tromper de cible est notre lot.

mercredi 22 juin 2016

Rêver ma présence au monde

Tant que ce sera au monde de se frayer un passage jusqu'à moi, je pourrai continuer de rêver ma présence au monde.

mardi 21 juin 2016

Près de mon fils

Être vraiment près de mon fils, par exemple en mettant du badigeon sur ses boutons de varicelle, par exemple en lui brossant les dents, c’est creuser ce qui m’a manqué.

lundi 20 juin 2016

Claude Simon à Tournefeuille

En arrivant à Tournefeuille, c'est d'abord Claude Simon qui me revient: ma lecture des Géorgiques à plat ventre au bout du ponton. 

En finir avec ma bibliothèque

Souvenir de ces nuits blanches passées à commencer des livres dans l'espoir fiévreux d'en finir avec ma bibliothèque.

samedi 18 juin 2016

Me résoudre de rencontre en rencontre

Toutes les personnes que je rencontre sont des parties de moi qu'il faut que je résolve, des questions en suspens depuis d'innombrables vies.

A moi de savoir écouter, surtout celles qui me deviennent proches, surtout celles qui me dérangent, celles que j'aimerais beaucoup faire sortir de ma vie.

Continuer à me résoudre de rencontre en rencontre jusqu'à ce qu'une des résolutions me fasse comprendre qu'il n'y avait rien à résoudre, que tout était déjà résolu, que ces personnes que je croisais me le répétaient depuis la nuit des temps.

vendredi 17 juin 2016

La beauté de mes parents

Une note, de 2009:

"J’ai retrouvé une des dernières photos de papa et maman ensemble – pour mes trente ans –: je l’ai accrochée à mon petit morceau de mur à côté de mon fauteuil de lecture.


Ils sont beaux, leur beauté m’a ému – comme celle, d’une autre manière, de cette blonde qui passe en planche à roulette."

jeudi 16 juin 2016

mercredi 15 juin 2016

Le bouts de monde de mon iPhone

Être dans le monde plutôt que me raccrocher aux bouts de monde qui m'arrivent par mon iPhone.

Entre la focalisation pointillée qui me limite et la présence qui m'ouvre.

mardi 14 juin 2016

Papa! Hafé! Icie! Ossaire!

– Tu sais, quand Lucie elle était toute petite, on habitait à Buenos Aires.

– Ossaire?

– Bue-nos Aires!

– Ossaire!

– Et puis elle se réveillait tôt, plus tôt que toi. Maman lui donnait le sein et je la prenais dans la poussette pour que maman puisse dormir...

– Dodo maman!

– Oui: dodo... Et je me baladais dans les parcs de Buenos Aires et je m'asseyais à une terrasse, comme maintenant: je prenais un café et je voyais le soleil se lever. C'était formidable!


– Papa! Hafé! Icie! Ossaire!

– Ossaire!

lundi 13 juin 2016

Appel du large

Une note, de 1997:


"Les rails se rejoignent dans le matin. Le soleil neuf s'allonge sur les lignes de métal. Cet appel du large ne semble pas goûté par les corps gris qui s'agglutinent sur le quai."

dimanche 12 juin 2016

Les masques



– Oh, les masques... On a toujours trop tendance à penser au visage qu'ils cachent. En réalité, c'est le masque qui compte, que ce soit celui-là et non un autre. Dis-moi quel masque tu mets, je te dirai quel visage tu as.

samedi 11 juin 2016

Se retrouver face à soi

– Tu as lu cet article sur le RBI que j'ai laissé près des toilettes? C'est un pasteur qui l'a écrit. 

– Et il dit quoi?

– Il nuance l'idée que cet attachement au travail est une valeur protestante en disant que l'homme n'est pas né pour travailler. En gros, travailler pour vivre et pas vivre pour travailler.


– Le travail, tout le monde s'en plaint, mais si les gens n'avaient plus besoin de travailler pour payer leurs factures, ils péteraient un câble sans cette obligation qui structure leurs journées et leur donne un horizon. C'est pas facile de se retrouver face à soi. 

vendredi 10 juin 2016

Les ingrédients de Dicker

Une note, de 2013:

"Je m'aperçois, rétrospectivement, que mon post sur Dicker qui cartonne contient les ingrédients de Dicker: franchise, simplicité un peu fleur bleue et enthousiasme pour l'écriture.

Mimétisme pas tout à fait calculé."

jeudi 9 juin 2016

mercredi 8 juin 2016

Dans le métal et la nuit

La cloche de l'église du village résonne plus profondément en moi pendant la méditation.


Des couleurs japonaises dans le métal et la nuit. 

mardi 7 juin 2016

Coincés dans le présent

– Coincés dans notre présent, séparés du passé par des portes transparentes et du futur par un voile opaque.

– Ce n’est pas qu’on est coincés, c’est qu’il n’y a rien d’autre que le présent sur le marché... On peut souffrir dans le passé, souffrir dans le futur ou vivre dans le présent: les options s’arrêtent là.

lundi 6 juin 2016

Le meilleur, c'est maintenant

– Le meilleur est toujours à venir...

– Non, le meilleur, c'est maintenant!

dimanche 5 juin 2016

samedi 4 juin 2016

Laisser chaque porte entrouverte

Une note, de 1999:


"Apprendre à laisser chaque porte entrouverte, même celles qui le semblent déjà : elles pourraient être de verre ou alors de papier."

vendredi 3 juin 2016

Sa propre utilité

Une note, de 2013:

"C’est toujours difficile d’évaluer sa propre utilité… On fait ce qu’on fait et on essaie de le faire bien."

jeudi 2 juin 2016

Rien à tirer

Une note, de 2013:

"– Avec vous, j’ai l’impression que ça se passe comme avec mon père: comme je savais qu’il était vieux et qu’il allait mourir quand j’étais encore jeune, j’ai fait tout ce que je pouvais pour en tirer tout le jus. Pareil avec vous maintenant que je vais partir.


– Mais non, pas du tout: il n’y a rien à tirer. Il suffit simplement d’être là et présent à ce qui se passe. Il faut y prendre du plaisir, c’est tout."