mercredi 30 juillet 2014

Ça rapporte rien!

- Tu voudrais pas faire une thèse?

- Ben... euh...

- À ce que j'ai compris, ça peut se faire en plusieurs années.

- De plus en plus, tu vois, je crois qu'il y a des trucs beaucoup plus intéressant à faire dans la vie que de lire des bouquins.

- Comme quoi par exemple?

- Méditer, être présent au monde. 


- Mais... Ça rapporte rien!

mardi 29 juillet 2014

Il faut que beaucoup d'autres échouent

Pour que je réussisse, il faut que beaucoup d'autres échouent. Sinon, réussir n'aurait plus de sens.

Beau programme!

lundi 28 juillet 2014

La grande foire de l’égo

– Alors, cet interview: t’es content?

– Oui oui, ça s’est plutôt bien passé. Pas eu le temps de dire tout ce que je voulais: dix minutes, ça passe vite…

– De quoi d’autre t’aurais voulu parler?

– J’aurais bien voulu parler de l’égo.

– Comment?

– J’aurais voulu dire qu’il fallait un sacré problème d’égo pour écrire un livre et un problème d'égo encore plus grand pour aller en parler à la radio… Parce que c’est vrai que l’écriture, en tout cas l’écriture à la manière occidentale, on peut dire que c’est le contraire du détachement bouddhiste: c’est la grande foire de l’égo!

– Pas très compatible, en effet…

– Mais c’est justement l’égo qui oppose et qui compare, qui tire des conclusions raisonnables. Ce que je préfère me dire, c’est que la vie m’a mis dans les conditions d’avoir envie d’écrire, d’avoir la capacité et les moyens de le faire. Observer plutôt que mettre dans des cases, partir de ce qui est: mon chemin vers le détachement dans cette vie-là doit certainement passer par cet égocentrisme de l’écriture. Après, pour ce qui est de savoir comment...

dimanche 27 juillet 2014

La liberté du temps, la liberté de l'esprit

A Buenos Aires, j’avais la liberté du temps, mais pas celle de l’esprit.

Ici, je n’ai ni l’une ni l’autre, mais des pistes commencent à se dessiner par rapport à la seconde.

La liberté du temps reviendra et je saurai, je l'espère, mieux l’accueillir.

samedi 26 juillet 2014

Aucun moment ne vient plus tard

Aucun moment ne vient plus tard.

Aucun moment ne vient après ce moment-ci.

Aucun moment ne peut le remplacer.

vendredi 25 juillet 2014

Fermer un chapitre pour le relire

– Il faut parfois savoir fermer un chapitre pour être capable de le relire. Si vous ne savez pas comment sortir d’une mésentente, écrivez son histoire.

(Et, à pas de loup, Walter Bergstamm, Caudélia et Dieu alias Jacques Chessex, font leur retour sur le devant de la scène en attendant patiemment le passage du tsunami morgien nommé Le livre sur les quais.)

jeudi 24 juillet 2014

Ce bonheur qu'on croit devoir façonner

En préparant mon interview de lundi matin sur Espace 2, c'est-à-dire en préparant les sujets que je pense aborder quelles que soient les questions posées, j'en suis arrivé à la conclusion que l'horreur du drame de l'Ordre du Temple Solaire était proportionnelle à la soif d'absolu de ses membres. Du fond de sa noirceur, mon Sirius traiterait donc, en définitive, de la recherche du bonheur.

D'une certaine forme de bonheur. Ce bonheur qu'on croit devoir façonner de ses propres mains alors qu'il est déjà là et que ce sont justement nos mains qui sont pressées sur nos yeux pour ne pas le voir.

mercredi 23 juillet 2014

Eh, mais, j'suis déjà connecté!

- C'est quoi le code pour le wifi?

- Le réseau, c'est Acoyte...

- Évidemment, votre avenue à Buenos Aires...

- Et le code, c'est Lausanne, l-a-u-s-a-n-n-e.

- Eh, mais, j'suis déjà connecté!


- Ben oui: c'est le même réseau que quand tu venais squatter chez nous, de l'autre côté de l'océan!

mardi 22 juillet 2014

lundi 21 juillet 2014

Pas en train de vivre une autre vie

Une note, de 2009:

"Je ne suis pas ici à la place d’être ailleurs, pas en train de faire ce que je fais à la place de faire autre chose, pas en train de vivre une autre vie à la place de la mienne."

dimanche 20 juillet 2014

Depuis lui-même

Accepter de voir le lieu depuis lui-même, accepter de voir le moment depuis lui-même.

samedi 19 juillet 2014

Cette explosion incessante en moi

Le cœur qui bat plus vite, la bouche sèche, le sang qui monte au visage. Le mal de tête, la restriction du champ de conscience du monde.

Encore, qui tourne dans ma tête, cette envie de revanche. La bataille continue parce que je suis dans l’œil du cyclone.

Mais, si je regarde bien, il ne se passe rien dans cette salle. Cette salle blanche, dépouillée, clinique, autre contrepoint à mon volcan intérieur.

Continuer à voir et à sentir cette salle, continuer à sentir cette explosion incessante en moi.

vendredi 18 juillet 2014

En lisant Morgane Madrigal

Une note, de 2008: 

"En lisant Morgane Mardrigal, je suis revenu à de très anciens souvenirs de Suisse allemande, je ne sais pas très bien lesquels. Je ne suis même pas absolument sûr que papa était dedans.

Quand je suis sorti de Mundo Argentino, j’ai croisé un très vieux monsieur probablement malade et j’ai eu une image assez précise et très présente de la mort. J’ai d’abord pensé à la mienne, mais, quelque pas plus loin, j’ai pensé à celle de papa à laquelle je pense le moins possible."

Si l'information est pertinente pour moi

- Si l'information est pertinente pour moi, elle doit me trouver. 

mercredi 16 juillet 2014

La reconnaissance des autres

Une note, de 2009:

"La reconnaissance qui me permettra d’être au monde ne viendra que de moi.

La reconnaissance des autres reste indéfiniment extérieure."

mardi 15 juillet 2014

Ces questions-là

Chaque fois qu’un de lecteur de mon blog s’étonne de toutes ces questions que je me pose jour après jour – Mais qu’est-ce que t’es compliqué! –, je m’interroge.

Comment est-il possible de ne pas se poser ces questions-là? Quelles questions peut-on se poser à la place? Qu’est-ce qui peut bien occuper l’esprit de mon interlocuteur à longueur de journée?

Salve suivante:

À quoi est-ce que ça me sert de me poser ces questions? À quoi est-ce que ça me sert de les écrire? À quoi est-ce que ça me sert de les publier?

Suite au prochain épisode.

lundi 14 juillet 2014

Un début de calme et de respiration

Une note, de 2009:

"Hier soir, pour la première fois depuis longtemps, du calme, un début de calme et de respiration. C’est en passant sur la passerelle, cette passerelle que j’aime tant, au-dessus des voies entre Loria et l’Abasto, que les choses se sont mises en place.  Je pense que j’ai pu faire le lien grâce à l’interview d’Éric dans le Temps. Tout prenait sens, tout faisait sens: mes recherches intérieures, de tous les types, bon sens, psychologie, psychanalyse, littérature, bouddhisme, se mettaient ensemble et me donnaient de la liberté à l’intérieur, la liberté d’être celui que j’étais à ce moment-là, d’être celui que je suis au moment où je le suis.

J’ai pu sentir que j’étais celui qui me faisait souffrir, que j’étais celui qui appliquait sur moi-même la force qui me provoquait de la douleur et qui m’empêchait de respirer, j’ai pu sentir, là aussi, que c’était moi le responsable, que je n’avais à blâmer ni les autres, ni le lieu où j’habitais, ni mon éducation, ni la chimie de mon cerveau. Je me suis senti absolument responsable de celui que j’étais, absolument libre au sein de cette responsabilité. C’est là que je me suis rendu compte à quel point je vivais enfermé dans ma propre angoisse, à quel point je m’étais consciencieusement construit cette camisole.

Pouvoir respirer de nouveau, un peu, était une libération, mais j’étais conscient que je le devais beaucoup à mes efforts et que ces efforts allaient devoir continuer. Je me suis aussi rendu compte qu’une bonne partie de mes problèmes, qu’une bonne partie de mes douleurs, venait du fait que je focalisais mal mon énergie, ma grande énergie, que je ne lui permettais pas de me profiter – jusqu’à la faire se retourner contre moi – parce que je la gaspillais à la fois dans une recherche effrénée de l’approbation et dans une peur panique de ne pas avoir fait ce qu’il fallait pour recevoir cette approbation. Maintenant que je sais que je dois porter mes efforts sur ma centration sur ce que je fais, je sens que je vais pouvoir m’éviter plus facilement des douleurs."

dimanche 13 juillet 2014

On ne meurt que parce qu’on est né

- On ne meurt que parce qu’on est né: on passe un contrat à notre naissance. C’est une chance d’être né!

samedi 12 juillet 2014

Pauvre apprenant de la vie

Parler d'arrachement atroce en évoquant l’apprentissage de l’humilité est encore une volte-face de l’égo: plus je m’apitoie sur mon sort de pauvre apprenant de la vie, plus il se renforce, moins je sais vivre.

vendredi 11 juillet 2014

Me sentir à peu près indispensable

Si je stresse pour nos étudiants pendant leur test de classement, c’est avant tout parce que je me donne de l’importance en donnant de l’importance à leur examen.

Reprendre ce schéma et l’appliquer à mes autres activités, histoire de mieux comprendre les moyens retors que je mets en place pour me sentir à peu près indispensable et en souffrir.

jeudi 10 juillet 2014

Ses peurs sont les miennes

Ne pas oublier: je ne me bats pas contre l'autre mais contre ses peurs.

Nota bene: ses peurs sont les miennes.

mercredi 9 juillet 2014

Moi je

Éviter le Moi je, pas parce que c’est mal – version protestante –, mais parce que ça me fait du mal – version bouddhiste.

Étape suivante: laisser de côté bouddhisme et protestantisme.

mardi 8 juillet 2014

Les yeux des vivants

– On pense que ce sont les vivants qui ferment les yeux des mourants, mais ce sont les mourants qui ouvrent les yeux des vivants.

dimanche 6 juillet 2014

samedi 5 juillet 2014

Deux options

Deux options: soit construire du mieux que l'ici, par exemple avec de l'art, des voyages, de la spiritualité, soit vivre mieux l'ici, par exemple grâce à l'art, aux voyages, à la spiritualité.

vendredi 4 juillet 2014

A partir de ce qui est sur la page

Une note, de 2010:

"Voir, par exemple, que je suis en train de fatiguer et que mon esprit s’éloigne de la page à pas de loup... Que je commence à imaginer ce que je pourrais écrire au lieu de l’écrire vraiment et que ce que j’imagine, forcément, a une bien meilleure gueule que ce qui se retrouve sur la page en attendant. Ne fonctionner qu’à partir de ce qui est effectivement sur la page, pas de ce qui pourrait y être."

jeudi 3 juillet 2014

Des sens et des visages plus riches

– Un suffisant lecteur découvre souvent ès écrits d’autrui des perfections autres que celles que l’auteur y a mises et aperçues, et y prête des sens et des visages plus riches.

mercredi 2 juillet 2014

Lumière, belle

- Lumière, belle.

- Oui, t'as raison Lucie, la lumière est très belle. Le soir, la lumière du soleil est tout près de la terre et ça la rend très belle. Tu m'aides à fermer la fenêtre?

- Encore la lumière!

- Bon, d'accord, un tout petit moment, mais après c'est au lit!

mardi 1 juillet 2014