mardi 29 novembre 2016

lundi 28 novembre 2016

Quelques poignées de toi

J’ai toujours su que tu allais mourrir tôt. Tôt pour moi, pas pour toi.

J’ai fait tout ce que je pouvais pour te connaître avant que tu partes, mais tu ne savais pas comment te laisser connaître.

Alors j’ai gardé quelque poignées de toi qui me font mal à chaque fois que j’ouvre les mains.

dimanche 27 novembre 2016

La vie est plus sage

– La vie est plus sage!

– Pourquoi tu dis ça? C'est une super phrase!

– Beuh... comme ça.

– Alors, je la note!

samedi 26 novembre 2016

Neuf ans

L'oppression, tout d'un coup, quand je découvre que l'hiver de Bienne ressemble à celui de Zurich.

Il faut dire, aussi, que ça fait neuf ans aujourd'hui que papa est mort.

vendredi 25 novembre 2016

Laisser l'histoire le faire pour moi

Je ne dois pas parler de quelque chose dont j'ai envie de parler, je dois laisser l'histoire le faire pour moi.

jeudi 24 novembre 2016

Par les mots que nous sommes

Trouver ma voix
Aider à trouver sa voix
Permettre de trouver sa voix

Dire
Encore et encore
À ma façon
À la tienne
Ce qui a déjà été dit

Jusqu’à ce qu’on soit écrit
Toi et moi
Par les mots que nous sommes

mercredi 23 novembre 2016

Crain!

– Crain!

– Train!

– Crain!

– Train, avec un t: te-rain!

– Crain!

– Tttttttrain!


– Fleur!

La vivre!

– Quel est le sens de la vie?

– La vivre! Elle sait mieux que nous!

mardi 22 novembre 2016

La cerise sur le gâteau

L'orthographe et la grammaire, c'est la cerise du gâteau une fois que le texte est là. C'est assez facile d'écrire juste, c'est plus difficile d'écrire bien.

Que le juste et le bien soient liés serait rassurant, je sais, je sais...

lundi 21 novembre 2016

C'est parce que je t'écoute

Que je ne sois pas d'accord avec toi ne veut pas dire que je ne t'écoute pas: c'est parce que je t'écoute que je peux ne pas être d'accord avec toi.

Tout se mettra en place

– L’égo dit: quand tout sera en place, je trouverai la paix. L’âme dit: trouve la paix et tout se mettra en place.

dimanche 20 novembre 2016

Plus je prends le texte au sérieux

Pour le texte, plus j'avance et plus je le prends au sérieux, plus je m'embourbe et plus je ralentis.

vendredi 18 novembre 2016

La ville aura pris une autre forme

– Si on retourne en Argentine, je veux dire pour des vacances ou un truc du style, ça sera plus jamais pareil.

– Oui, et...

– On pourra même pas arriver depuis le même coin, faire les mêmes trajets en métro. C'est la ville qui aura pris une autre forme. 

mercredi 16 novembre 2016

Pedacitos de luz en el camino

Si, puse la foto de tu obra porque me habla de la potencialidad del arte, de los posibles abiertos, del camino fructífero de la intuición. Muy a menudo pienso en ti y en tu trabajo: me proponen pedacitos de luz en el camino.

La parole de l'adulte

La question que je me poserais, à ta place : pourquoi est-ce que je veux garder la parole de l’adulte dans le texte alors que c’est justement la parole de l’adulte qui porte le texte ?

À chaque équinoxe

– En fait, c'est sans doute une chance qu'en ce moment, vous ayez peu de temps pour écrire et peu de temps pour vous relire.

– Vous croyez?

– Oui, tout à fait! Écrivez, écrivez, écrivez et relisez-vous à chaque équinoxe: vous serez surpris!

lundi 14 novembre 2016

Mes paupières palpitent

En allant chercher les commissions dans la voiture, mes paupières se sont mises à palpiter comme à Marrakech.

Je suis resté debout, une main sur le coffre, disponible, jusqu'à ce que ça s'arrête.


Comme ça ne s'arrêtait pas, j'ai ouvert les yeux, j'ai attendu un moment et j'ai pris les commissions.

dimanche 13 novembre 2016

Moi mon-hagne

– Neige! Là-bas! Mon-hagne!

– C'est super!

– Moi aller neige hou seul! Pas pleurer! Moi mon-hagne! Jouer! Neige!

– Tout seul?

– Ui! Hou seul!

samedi 12 novembre 2016

jeudi 10 novembre 2016

mercredi 9 novembre 2016

Blanc sur noir

– Sur vos pauvres blogs, continuez d'écrire blanc sur noir, histoire qu'on perde davantage la vue à chaque lecture désolante.

– Pourquoi t'écris ça? Moi j'ai un blog en blanc sur noir et ça me vexe! Je me donne beaucoup de peine pour le nourrir tous les jours et j’ai choisi exprès ces couleurs parce que c’est moins fatigant pour la vue à l’écran… D’ailleurs, je n’écris plus qu’en blanc sur noir: tu devrais essayer!

– Tu comprends, j'aspire à la perfection et dénoncer la médiocrité des autres, leur orthographe calamiteuse, leurs textes ratés, c'est aussi une manière d'avancer sur le chemin de mon idéal, un peu comme quand tu lis pendant les heures de la journée où t'arrives pas à écrire. Tu vois comment? Je découvre cette médiocrité, je la dis, donc je m'en protège: je prouve à chaque fois que je suis dans le bon camp.

– J'imagine que ça doit être un peu crevant, à la longue: ça doit te prendre beaucoup d'énergie à toi et à tes textes, non? Mais si t'as l'impression que ça te fait du bien...

mardi 8 novembre 2016

L'autre en soi

– Écrire, c'est refléter l'autre en soi.

Pourquoi coupé?

– Pourquoi coupé?

– Pourquoi ils ont coupé l’arbre? Sans doute parce qu’il était vieux et malade et qu’il aurait pu tomber sur des gens.

Le matin suivant, au même endroit, au début de la rue qui monte à la garderie:

– Pourquoi coupé?

Et comme ça, trois matins par semaine, depuis quelque temps déjà.

dimanche 6 novembre 2016

La chaudière

Quand la chaudière de la maison s'est enclenchée, c'est en moi qu'elle s'est étendue.

samedi 5 novembre 2016

Le temps s'est courbé

Pendant la méditation, le temps s'est courbé: les vingt-cinq minutes n'en ont plus fait qu'une poignée.

La cloche familiale

Au moment où, dans la liturgie, le kim doit être frappé trois fois, j'ai spontanément tiré sur la chaîne de la chapelle de Baldo pour marquer la fin du Sambutsuge entonné pour Jacquie. 


Comme la chaîne de la cloche était assurée par un clou, j'ai d'abord dû la décrocher. Et, bien sûr, à peine ils ont entendu le premier coup, Ineo, Lucie et Mathilde sont arrivés ventre à terre pour faire sonner, eux aussi, la cloche familiale.

jeudi 3 novembre 2016

La vie de la vie

– La vie, c'est l'écriture de l'écriture et l'écriture, c'est la vie de la vie.

mardi 1 novembre 2016

Laisser les continents aller et venir

Toutes les odeurs, le café, les gaz d'échappement refroidis par l'hiver, la graisse du croissant sur mes doigts, me renvoient de l'autre côté de la terre: en Argentine, bien sûr, mais aussi en Bolivie, au Pérou, au Chili.

Je sens que j'ai plus d'espace intérieur, que les temps et les distances circulent mieux en moi.

Laisser les années et les continents aller et venir, prendre note de temps en temps.