vendredi 30 octobre 2015

jeudi 29 octobre 2015

Le grand Amour

- Le grand Amour n’a pas à nous rendre heureux ou malheureux. Ce qui est dit ici n’est pas loin de ce que disent les mystiques : l’amour est à la fois ce qui nous comble et ce qui nous creuse. Ce qui nous pacifie et ce qui nous crucifie… Il peut nous conduire au-delà du bonheur et du malheur. Il nous rend justement capable d’aller au-delà de ce que l’on appelle le bonheur ou le malheur, au-delà du psychisme. Et c’est là que commence le spirituel.

mercredi 28 octobre 2015

Encore mieux que le sommeil!

Réponse toute prête pour mon égo qui soutient que la méditation va me manger de précieuses minutes de sommeil: c'est encore mieux que le sommeil!

mardi 27 octobre 2015

lundi 26 octobre 2015

Une croisade pour l'orthographe

Je me demande ce qui pousse certaines personnes, souvent des écrivains, souvent sur les réseaux sociaux, à mener une croisade pour l'orthographe et la grammaire.


L'avantage, quand ces gens prennent la peine d'expliquer une règle ou l'autre, c'est que je peux souvent dissiper un doute qui reviendra très probablement dans quelques jours.

dimanche 25 octobre 2015

La liste de mes peurs

Me mettre face à mes peurs, en faire la liste précise et terminer mon roman grâce à elles. 

samedi 24 octobre 2015

Régler cette affaire par le bas

Une note, de 2014:

"J'ai l'intuition que je suis sur la fausse route, que j´essaie de régler cette affaire de Sylvie par le haut – c'est-à-dire en utilisant les mêmes moyens qu'elle – alors qu'il faudrait parvenir à la régler par le bas.


Qu'est-ce que ça veut dire? C'est le mot humilité lu chez Carrère cet après-midi qui me vient. Qu'est-ce qui, dans ce cas, serait faire preuve d'humilité? Je ne sais pas. C'est par là qu'il faut que je cherche."

vendredi 23 octobre 2015

Des mouvements de manches

Une note, de 2010:

"Faire le récit de ce qui s'est passé, même de manière originale, ne me sert pas à grand-chose parce que je ne vais rien apprendre de plus. Si la forme peut m'aider à découvrir, c'est bien, mais elle ne me sert à rien si elle est seulement là pour faire joli. 

Je cherche de plus en plus à laisser ressortir les sentiments qui viennent, même les plus désagréables, ceux qui sont les plus difficiles à admettre, mais il faut que je fasse attention à ne pas les exagérer au passage parce qu'ils en deviendraient tout aussi faux.

Même si l'exagération peut aussi être un moyen de me rapprocher de ce que je ne veux pas voir en moi, de ce que je ne veux pas me laisser voir, c'est aussi un moyen de corrompre ce que je vois et de m'en éloigner.


A moi, après, de rétablir l'équilibre, de rétablir la justesse, parce que je ne vais pas pouvoir trouver de solution en dehors de la justesse: tous les mouvements de manches que je vais faire, dans un sens ou dans l'autre, seront en trop."

jeudi 22 octobre 2015

Au milieu d'une guerre

Presque au sommet du col du Simplon, deux soldats bloquent le traffic au milieu d'une galerie, au début d'une zone en travaux réduite à une seule voie. C'est la nuit, la personne devant nous coupe le contact. Un des soldats masque le feu, parfois rouge, parfois vert, avec le panneau interdiction de passer qu'il tient au bout d'un manche.

Rien pendant un bon quart d'heure et puis les reflets orange d'un gyrophare accompagnés d'un grondement tellurique. Lucie demande ce qui se passe, Ineo dort.

La lumière orange se détache de la longue courbe en direction du col: c'est une jeep. Devant le premier tank, un homme marche à reculons pour s'assurer que les chenilles ne mordent ni sur le trottoir, ni sur la chaussée excavée. Quand le tank arrive à la hauteur du feu rouge ou vert, l'homme grimpe sur la machine et disparaît dans une trappe.

Au moment où la masse de fer accélère juste à côté de nous, non Ineo ne s'est pas réveillé, au moment où chacun des tanks de la colonne qui la suit met les gaz à quelques centimètres de notre habitacle tiède, nous sommes vraiment au milieu d'une guerre.

mercredi 21 octobre 2015

L'accoucheur du maître intérieur

- Le guide extérieur n’a de sens qu’en tant qu’écho et accoucheur du maître intérieur. Une fois que ce dernier a été trouvé, le premier doit s’effacer.

mardi 20 octobre 2015

Moitié moitié

- Fankhauser!

Le contrôleur qui vient de scanner mon billet sur mon iPhone se marre. 

- C'est suisse allemand, ça!

- Oui, mais je suis né en Suisse romande. 

- Fankhauser, c'est suisse allemand et Pierre, le prénom... C'est romand! Moitié moitié!

Et il sort du wagon en rigolant.


C'est peut-être à cause de lui que je fonds en larmes en cherchant l'arrêt du tram 17 sur le côté de la gare de Zurich. Cette moitié enterrée an flanc d'une des colines qui ondulent autour de moi n'est tout d'un coup plus à sa place dans l'absence.

lundi 19 octobre 2015

Où va nous conduire notre vie

Se mentir à soi-même: savoir pertinemment où va nous conduire la vie qu'on est en train de se construire et faire comme si on ne le savait pas. 

dimanche 18 octobre 2015

Moins de livres à écrire

Ce soir, j'ai fait du tri dans mes livres: deux cornets Migros de moins à la première bibliothèque.

Pourquoi est-ce que je garde tous les autres que je ne vais certainement pas relire? Pour prouver à quelqu'un - à qui? - que je les ai lus? Pour donner corps à ces années de lecture? Pour m'encourager en me disant que ces rayons de Minuit, de Blanche et de livres de poche ont bien dû me donner quelques outils d'écriture?

Il faut du courage pour devenir léger. Et encore, se débarrasser du matériel tient à peine de l'échauffement... M'observer en train de faire de la place autour de moi me donnera certainement des pistes pour en faire en moi. Du coup, qui sait, j'aurai peut-être moins de livres à écrire.

samedi 17 octobre 2015

Comprendre où je vais

Ne garder de l'écriture que ce qui me permet de comprendre où je vais.

vendredi 16 octobre 2015

Dans trois ans

- Dans trois ans, vous allez découvrir quelque chose. Mais bon, c'est juste une évaluation personnelle.

jeudi 15 octobre 2015

Un centre insignifiant

Des tours de plus en plus petits autour d'un centre de plus en plus insignifiant. 

mercredi 14 octobre 2015

Au bord du monde

Sur la fin de la nuit, je n'ai pas pu me rendormir après avoir changé les draps mouillés d'Ineo et raconté une histoire à Lucie qui avait peur peur peur. Je me suis senti très seul, comme j'imagine qu'on peut se sentir juste avant la mort. Toutes les images qui me venaient étaient des images séparées.

Petit à petit, je me suis mis à tisser des liens, avec mon lit, avec ma chambre, avec ceux qui dormaient dans notre maison, j'ai senti de la chaleur qui naissait de ces contacts en train de se faire.

Au moment où j'étais en train de glisser dans le sommeil, Ineo s'est réveillé pour de bon. Alors je l'ai pris dans notre lit et j'ai joué avec ses petits doigts en pensant à cette solitude qui avait scintillé quand je m'étais ouvert à elle, quand j'avais entamé simplement la discussion.

Je sais à présent comment ne plus être au bord du monde.

mardi 13 octobre 2015

Les éléments qui font un sentiment

Odeurs de fumée, retour en voiture, lumière d'automne, forêt, tous les éléments qui font un sentiment.

lundi 12 octobre 2015

Le bon chemin devrait être facile

- Oui, je t'entends, mais une nouvelle fois, cela me parait difficile. Il faudrait que la chose vienne d'elle-même, sans travail, sans discipline, sans mantra et méditation. Le bon chemin devrait être évident et facile.

- Les mantras et la méditation sont des béquilles pour des gens comme toi et moi qui trouvent le chemin difficile. Le chemin est facile pour certains, difficile pour d'autres, suivant ce qui a été vécu dans les centaines de milliers de vies précédentes, mais il n'est en définitive ni facile ni difficile, ni véritablement un chemin. Il suffit d'ouvrir les yeux, grâce à la vie, grâce à l'art, à l'amitié, à tout ce qui est important pour nous.

dimanche 11 octobre 2015

Si tu aimes ce que tu vis

- Veux-tu dire comme beaucoup qu'il faut se contenter de ce que l'on a? Et perdre l'espoir et l'attente d'autre chose?


- Pas tout à fait: si tu n'arrives pas à aimer ce que tu vis maintenant, tu n'arriveras pas non plus à aimer ce que tu attends, même si ce que tu attends se présente exactement comme tu l'attends. Au contraire, si tu aimes ce que tu vis, tu n'attendras plus rien, parce que même ce que tu vis sera plus heureux et plus plein que ce que tu attendais.

samedi 10 octobre 2015

Le but nous cache le chemin

- Nous marchons trop souvent de long en large… Nous oublions de marcher en profondeur. Chaque pas sur le chemin, chaque rencontre est déjà le but. Et nous ne voyons pas ce que nous rencontrons parce que nous attendons autre chose, parce que nous regardons au-delà de ce que nous rencontrons, le but parfois nous cache le chemin.

vendredi 9 octobre 2015

A travers champs

En marchant à travers champs, étudier les effets sur moi de cette force qui me taraude, cette force qui voudrait m'attacher à ma table pour que j'écrive, même des mails, que je lise, que je ne fasse rien, mais à mon poste. 


Étudier cet air qui commence à manquer, chacune de ces excellentes raisons de faire demi-tour, ces moreaux de verre pilé au fond de mon ventre. Étudier attentivement, un pas après l'autre, jusqu'à ce que le mouvement ait pris la place de l'immobilité.

jeudi 8 octobre 2015

Salam aleykum!

Je marche le long de la place de l'Europe, juste derrière trois enfants, deux garçons et une fille. Quand je les dépasse, le plus petit des garçons me lance:

- Salam aleykum!

Et moi, sans réfléchir:

- Aleykum Salam!

En train de pianoter sur le bancomat de l'UBS, après avoir jeté un œil à la porte de la banque pour vérifier si ces gamins trop cordiaux m'avaient suivi, je me laisse aller tout entier à cette spontanéité: je sais qu'on s'est reconnus. 

mercredi 7 octobre 2015

La plupart des années de ma vie

Un sentiment tellement juste qu’il a rassemblé en un instant la plupart des années de ma vie.

mardi 6 octobre 2015

Au fond de moi

Au fond de moi se trouve l'entier de l'univers parce qu'au fond de moi, il n'y a pas de limite entre l'univers et moi.

lundi 5 octobre 2015

Et ça, c'est quoi?

- Et ça, c'est quoi?

- Un cheval!

- Et ça?

- Un canard!

- Oui, si tu veux, un canard. Et ça?

- Une maison!

- Très bien. Vous pourriez lui boucher l'autre œil à présent s'il vous plait? Alors ça, c'est quoi?

- Une fleur!

- Et ça?

- Une voiture!

- Et ça?

- Une voiture.

- T'es sûre?

- Je sais pas.

- Et ça, c'est quoi?

- Je sais pas.

- Et ça?

- Je sais pas.

- Et ça?

- Un poisson.

- Oui, bravo, très bien!

En sortant, le nez en l'air, juste sous panneau:

- Ça c'est une maison, ça c'est une voiture, ça c'est un lapin, ça c'est un escargot, ça c'est une fleur!

dimanche 4 octobre 2015

samedi 3 octobre 2015

Enlever une à une les couches de cette vie

Enlever une à une les couches de cette vie que j'ai essayé tant bien que mal de me construire et dévoiler l'essentiel.

vendredi 2 octobre 2015

Ce qu'on est en entier

– Et vous, qu'est-ce qui vous a poussé à venir travailler ici?

– Aux soins palliatifs? C'est pour ne pas donner seulement des médicaments, pour apporter autre chose, pour soigner aussi avec des mots. Ici, on ne peut plus tricher.

– Plus le temps, plus l'énergie pour les masques?

– En effet, plus de filtres. Ici, on est ce qu'on est en entier.

jeudi 1 octobre 2015

Vivre ce que je voulais vivre

L'écriture a pris de la place à partir du moment où j'ai cru que je ne pourrais jamais vivre ce que je voulais vivre.