vendredi 31 juillet 2015

Comme la bande de Moebius

- Comme tout est lié, quand tu médites, tu agis sur des choses dont tu n'as pas idée. C'est comme la bande de Moebius: il n'y a ni devant ni derrière, ni début ni fin.

jeudi 30 juillet 2015

Une vision claire des lois qui régissent l'univers

Il y a trois niveaux dans l'intégration de la vision du monde propre au bouddhisme.

Premier niveau: je veux vivre heureux en poursuivant mon propre bonheur dont je crois qu'il va venir de la réalisation de mes désirs.

Deuxième niveau: j'ai compris que la réalisation de mes désirs ne va en rien contribuer à mon bonheur sur le long terme et je me lance à corps perdu sur le chemin de l'illumination pour m'extraire à jamais du Samsara, cycle des morts et des renaissances où la douleur sous ses différentes formes est omniprésente.


Troisième niveau: je prends conscience que mon illumination personnelle incarne la poursuite d'un but égoïste et j'emploie toute mon énergie à donner aux autres la possibilité de s'affranchir de leurs souffrances en s'engageant sur le chemin de la réalisation spirituelle, réalisation qui permet de dissoudre le Samsara ici et maintenant grâce à une vision claire des lois qui régissent l'univers.

mercredi 29 juillet 2015

On se calme!

- Allez allez, on se calme! Ça te sert à quoi toutes ces années de méditation? 


- Ben, justement: pourquoi tu crois que je m'y suis mis, à la méditation?

Donner une tenue à cette vie-ci

Investir dans une capacité plus que dans une œuvre à amasser, dans la méditation, plus que dans l'écriture. 

C'est après que l'investissement se révélera être une manière de donner une direction, une tenue à cette vie-ci – et peut-être à l'écriture.

lundi 27 juillet 2015

Sous prétexte de préparer la suite

Une note, de 2012:


"Écrire: une bonne manière de ne pas être là sous prétexte de préparer la suite."

dimanche 26 juillet 2015

Ni vers le haut ni vers le bas

Une note, de 2010:

"Si j'admets que tout ce dont je parle, je l'ai en moi, le meilleur comme le pire, ce n'est pas un problème.

Mais la question n'est pas d'aller forcer le pire après avoir essayé de rehausser le meilleur, ça serait exactement la même démarche avec un tour de vis en plus.

Essayer d'être au plus près, ni vers le haut ni vers le bas, au plus proche de ce que je suis en réalité, au plus proche de ce portrait intérieur que je suis en train d'essayer de tracer dans ces pages, ce portrait qui m'est avant tout destiné mais qui pourra peut-être être montré à d'autres."

samedi 25 juillet 2015

Quelqu'un qui s'appelle J'arrive

Les premiers mots d'Ineo sont définitivement Let it go, avec la mélodie et le mouvement de tête enthousiaste piqués à sa grande sœur.


Normal pour quelqu'un qui s'appelle J'arrive. 

Réveil comme à Buenos Aires

Une note, de 2014:

"Ce matin, après plus d'une année en Suisse, réveil comme à Buenos Aires: les mêmes odeurs et les mêmes espaces."

jeudi 23 juillet 2015

Ça fait tomber la fatigue

- C'est pas dans les bouquins que vous allez trouver des réponses, vous savez ça non? C'est dans la pratique, c'est dans l'expérience.

- Pendant une période, quand mon maître me parlait d'un livre, je lui disais que question bouquins, j'avais déjà donné et que j'en avais un peu marre, que je voulais apprendre autrement, par le corps, par la présence. Mais depuis que les enfants sont nés, vu l'énergie qui me reste, je me dis que lire c'est déjà pas si mal.

- Ça vous donne des réponses?

- Euh... Plus ou moins...

- La méditation, c'est vrai, au début il faut y mettre du sien, mais au bout d'un moment ça fait tomber la fatigue. Vous avez jamais remarqué?

La vie qui ne cesse jamais

En poussant la double poussette en direction de Morges, je sens tout d’un coup toute la vie autour de moi, la vie qui ne cesse pas, qui ne cesse jamais, que je tiens à distance à travers mon intérêt limité aux choses qui m'arrivent ou pourraient m'arriver.

mardi 21 juillet 2015

Les millions de gens qui m'entouraient

Faire l'effort de me connecter à la vie autour de moi, comme certains soirs à Buenos Aires où je sentais distinctement les millions de gens qui m'entouraient.

lundi 20 juillet 2015

Contre toutes les règles du workaholisme ambiant

Être avec mes enfants, simplement, toute la journée, et me rendre compte avec stupeur, contre absolument toutes les règles du workaholisme ambiant, que le monde ne s’arrêtait pas de tourner.

dimanche 19 juillet 2015

Les hautes sphères de ma mission créatrice et spirituelle

Faire ce qu'il y a à faire, jour après jour, soigneusement, entièrement, sans me réfugier dans les hautes sphères de ma mission créatrice et spirituelle. 

samedi 18 juillet 2015

vendredi 17 juillet 2015

Une visite à tante Pierrette

Après avoir fait le tour de la cafétéria entre les têtes blanches penchées sur leur repas du soir, je demande à une infirmière où est ma tante Pierrette.

- Là, dans la petite salle sur la droite.

- C'est que je viens juste de jeter un œil et...

- Cette dame, là, c'est pas elle?

- Désolé, je l'avais pas reconnue.

Je m'assieds à côté d'elle, je lui pose une main sur l'épaule et, vu que la conversation s'obstine à s'effilocher après quelques mots, je propose à Pierrette de l'aider à manger ses mures.

- Mais ça se garde, ça, non?

- Oui oui, ça se garde. Je t'en donne un peu pour goûter?

Et les mêmes gestes qu'avec Lucie puis Ineo, la cuillère retirée lentement de la bouche pour que les bonnes choses restent dedans. 

- Tu veux continuer à manger toi ou tu préfères que je te donne?


- Je préfère que tu me donnes, c'est gentil.

jeudi 16 juillet 2015

Let it go!

- Leioooo! Leiooooo!

- Let it go! Let it gooo!

- Plus fort! Il faut chanter plus fort, comme ça: LET IT GO! LET IT GOOO!

mercredi 15 juillet 2015

L'intensité qu'elle mérite

Une petite gare au milieu de la nuit, l'odeur du foin chauffé par le soleil.

Je sais que je suis là parce qu'une histoire pourrait commencer avec ce train qu'on entend bien avant de voir se balancer ses phares, les fenêtres de ses wagons.

Reste à me passer de l'impression qu'il faudrait placer cette scène au détour d'un chapitre pour la vivre avec l'intensité qu'elle mérite.

mardi 14 juillet 2015

Mon unité corporelle n'a plus cours

Une note, de 2010: 


"Je sens que des choses se passent dans la méditation, comme si l'espace autour de moi se courbait, comme dans le café après avoir rencontré Julio – Celia arrive, les seins à l'air, met son nouveau soustif et dit que je vais écrire que Celia est venue et qu'elle a mis son nouveau soustif devant moi, ce qui est vrai –, et le torse qui respire en écartant la robe de chambre orange a l'air très loin en-dessous de moi, presque dans un autre endroit, presque détaché de moi, comme si mon unité corporelle, ce que je crois être mon unité corporelle, n'avait plus vraiment cours. Des choses se passent, je les note."

lundi 13 juillet 2015

dimanche 12 juillet 2015

Des bouts de mes lèvres tombent sur la page

Une note, de 1999:


"Des bouts de mes lèvres tombent sur la page (ne pas oublier ces détails, surtout pas ceux-là)."

samedi 11 juillet 2015

Faire mon business dans mon coin

Image fugace de la possibilité de ne pas chercher à occuper une place dans l'espace public. Comme Sandra, notre kinésiologue, comme maman: faire mon business dans mon coin, aider les gens que je rencontre en leur simplifiant la vie discrètement.

vendredi 10 juillet 2015

Nostalgie du pas encore fait

Le ciel mouvementé m'ouvre sur l'ensemble des vies passées et à venir.

Nostalgie du pas encore fait.

jeudi 9 juillet 2015

Une chose bruyante

La perspective qu'Ineo commence à mieux aller me permet d'éprouver de nouveau de l'empathie pour lui: il n'est plus seulement une chose bruyante qui m´empêche de dormir, me révèle mon agressivité et me vide de ma substance.

mercredi 8 juillet 2015

Ce qui m'entoure à présent

En rentrant de San Vittore par les Alpes, je me rends compte que ma nostalgie de la montagne n'est qu'une expression de mon manque de contact. 


Ce n'est pas en retrouvant ce qui m'a mis en contact par le passé que je me sentirai plus vivant, c'est en étant mieux en présence à ce qui m'entoure à présent.

mardi 7 juillet 2015

Les ouvertures que ça produit

Assis à la table de Tournefeuille face au paysage, je comprends mon impuissance récurrente à le décrire, année après année, depuis que je me suis mis dans la tête d'être écrivain.

Je voulais l'écrire depuis ce qu'il avait à me dire, avec ses mots à lui. En comparant avec la peinture, je comprends que je voulais à tout prix, sans m'être vraiment posé la question, passer par un réalisme minutieux dont je suis tout à fait incapable alors que ce je commence à savoir faire, c'est de mettre des mots sur ce qui se passe en moi et sur les ouvertures que ça produit. 

lundi 6 juillet 2015

Il n'y aura rien à faire

Au milieu de la nuit, quand Ineo ne veut pas dormir, cesser de penser qu'il y a des choses que je devrai faire le jour suivant, cesser de penser qu'il m'empêchera de les faire. 

dimanche 5 juillet 2015

L'exotisme s'invite à Tolochenaz

Camping sur un matelas dans le couloir de la cave, juste à côté des enfants plus ou moins au frais dans le bureau. L'exotisme s'invite à Tolochenaz.

samedi 4 juillet 2015

Des visages posés sur mes contradictions

Celles et ceux que je mets en scène en cherchant le sommeil incarnent les sentiments qui se livrent bataille en moi: les personnes qui se succèdent soir après soir sont seulement des visages posés sur mes contradictions, ne pas l'oublier.

vendredi 3 juillet 2015

Ce que je fais ne sert à rien

Une note, de 2012:


"Faire attention à ne pas déduire du fait que ce que je fais ne sert à rien – mais je ne suis pas le mieux placé pour le savoir – le fait que ce que je suis ne sert à rien. La nostalgie et la dépression viennent de là."

jeudi 2 juillet 2015

Ces odeurs d'aéroport

Ces odeurs d'aéroport devant la garderie, il me faut un petit moment pour déduire qu'elles viennent du moteur de la camionnette des repas qui vient de se parquer devant le réfectoire. Partir, mais où?

Les cloches du samedi soir à sept heures

Le long d'une ruelle inconnue sous l'esplanade de Montbenon, toutes les cloches du samedi soir à sept heures se sont mises à se répondre.


Je me suis laissé traverser par leur écho très ancien qui est allé chercher un morceau de jazz, sans doute un Herbie Hancock des années 70. Mais je n'ai pas creusé le souvenir plus loin.