Depuis mon retour d’Argentine, je perçois de mieux en mieux les contours et le fonctionnement de ce perfectionnisme angoissé que j’ai si bien intégré, au point de l’embarquer avec moi de l’autre côté du monde pour le poser en travers de l’écriture.
Comment garder le perfectionnisme et me débarrasser de l’angoisse? Toujours et encore la même réponse: en me concentrant sur ce qui est en train d’être fait plutôt que sur le regard porté par autrui sur le résultat à venir, ce regard que j’imagine impitoyable en croyant me donner, pauvre de moi, une importance à la mesure de sa sévérité.
Quand est-ce que je vais enfin comprendre que mon importance n’a pas à m’être donnée? Elle est là, simplement. Elle est. Importante à l'égal de chacune des importances.
samedi 20 septembre 2014
vendredi 19 septembre 2014
La course contre le temps
- Ne faites pas la course contre le temps, surtout si vous voyez qu'il est plus rapide que vous.
jeudi 18 septembre 2014
La pire personne à qui je puisse tenir tête
Revenir en Suisse, je m’en rends de mieux en mieux compte, c’est réapprendre en situation ce que je croyais déjà savoir: être sage tout seul devant son ordinateur, à 12’000 kilomètres du pays qui vous a donné sa forme et sa mentalité, c’est facile.
Mais ce retour au bercail me permet aussi de découvrir que le plus agressif des interlocuteurs – un interlocuteur véritable, en chair est en os, pas le fruit mon imagination prolifique – est moins impitoyable, moins enclin à gratter dans mes faiblesses et à en tirer parti que je ne le suis à mon propre égard: la pire personne à qui je puisse tenir tête, et de loin, c’est encore moi-même.
Mais ce retour au bercail me permet aussi de découvrir que le plus agressif des interlocuteurs – un interlocuteur véritable, en chair est en os, pas le fruit mon imagination prolifique – est moins impitoyable, moins enclin à gratter dans mes faiblesses et à en tirer parti que je ne le suis à mon propre égard: la pire personne à qui je puisse tenir tête, et de loin, c’est encore moi-même.
mercredi 17 septembre 2014
En coupant des pommes
– Ah, couper des pommes! Pourquoi est-ce que je fais pas ça plus souvent? À la place, je lis des livres, j’écris des livres: des choses tellement importantes...
– Tu sais, c’est aussi en coupant des pommes que les livres s’écrivent.
– Tu sais, c’est aussi en coupant des pommes que les livres s’écrivent.
mardi 16 septembre 2014
Les personnages ne s'arrêtent jamais de parler
– Les personnages ne s'arrêtent jamais de parler. Ils sont comme un bruit de fond qui s'approche doucement jusqu'à l'écriture...
lundi 15 septembre 2014
Le Royaume et la pomme
Avec son Royaume, Carrère a choisi le beau texte à la place du bonheur: il a décrit la pomme avec beaucoup de talent plutôt que de croquer dedans.
Là où j’en suis, je ferais aussi le choix du beau texte, à la fois par égocentrisme et par paresse: parce que, comme Carrère, j’ai encore envie de briller, parce que, moi aussi, je préfère m’ébattre dans un jardinet dont j’ai l’impression de connaître les règles, persuadé que je suis d’être celui qui les invente et qui les dicte.
Là où j’en suis, je ferais aussi le choix du beau texte, à la fois par égocentrisme et par paresse: parce que, comme Carrère, j’ai encore envie de briller, parce que, moi aussi, je préfère m’ébattre dans un jardinet dont j’ai l’impression de connaître les règles, persuadé que je suis d’être celui qui les invente et qui les dicte.
dimanche 14 septembre 2014
Une forme simple et pratique
- La grâce suprême ne consiste pas à orner extérieurement des matériaux mais à leur donner une forme simple et pratique.
samedi 13 septembre 2014
Ma fatigue des autres
Une note, de 2009:
"Ma fatigue des autres, c'est avant tout ma fatigue de moi."
vendredi 12 septembre 2014
jeudi 11 septembre 2014
À force de garder la tête haute
Apprendre à sortir des situations par en bas. À force de garder la tête haute, on la perd.
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