dimanche 18 décembre 2016

La barbe du père Noël

"– Père Noël ! s'écria le chef des lutins en ouvrant la porte de la chambre où dormait le vieux bonhomme. Réveillez-vous, nous sommes au mois de décembre. Il faut songer à vous préparer...
– Quoi ? Déjà ! fit le père Noël en bâillant...
– Levez-vous, reprit le lutin, sinon vous ne serez pas prêt à temps pour faire la tournée des cheminées. Pensez, il faut nettoyer votre grand manteau, cirer vos bottes, rassembler vos rennes, ouvrir les lettres de tous les enfants qui vous ont écrit, emballer les cadeaux, charger votre traîneau...
– Oh là là ! dit le père Noël en quittant péniblement son lit.
Quel travail ! Il faisait si bon sous les couvertures...
– Courage, père Noël, je vous ai apporté du café bien chaud...
Le père Noël but rapidement son café, puis se dirigea vers l'armoire dans laquelle étaient rangées ses affaires. Il en sortit un manteau tout chiffonné et des bottes pleines de poussière, qu'il tendit au lutin.
– Veille à ce que ma tenue soit impeccable. Pendant ce temps, je vais à la recherche de mes rennes et lire mon courrier...

Durant des jours et des jours, une grande activité régna alors dans le ciel.
La nuit de Noël, le chef des lutins retourna voir le père Noël. Il aida celui-ci à endosser son manteau, à enfiler ses bottes, puis reculant de quelques pas, il lui dit :
– Tournez-vous... Pas mal, pas mal ! ajouta-t-il en s'agenouillant pour arranger un pli du manteau, avant de grimper sur une chaise pour dissimuler une mèche de cheveux qui dépassait du bonnet du père Noël... Tout me semble parfait... Il n'y a que votre barbe qui, cette année encore, me semble bien trop longue...
– Tu crois ? interrogea le père Noël en jetant un coup d'œil dans son miroir...
– Oui, si longue même que vous risquez de tomber en marchant dessus. Ça doit faire des mois et des mois que vous ne vous êtes pas rasé... Ce n'est pas très sérieux. Ça ne fait pas très soigné. Ne bougez pas...

Il revint quelques minutes plus tard avec une grande paire de ciseaux, installa le père Noël sur un fauteuil de nuages, et commença à couper très délicatement sa barbe...
Des millions de petits poils blancs s'envolèrent aussitôt dans le ciel, sous les yeux amusés des lutins qui s'étaient rassemblés pour assister au spectacle.

Sur la terre, au même instant, un petit garçon qui n'arrivait pas à s'endormir, écarta les rideaux de sa chambre.
Soudain, il aperçut, émerveillé, les premiers flocons voltiger dans la nuit et recouvrir peu à peu la campagne...
Un sourire apparut sur ses lèvres. Il se précipita pour réveiller sa sœur.
– Lucie viens voir, c'est magnifique : il neige ! Là-haut on est sans doute en train de couper la barbe du père Noël... Chouette, ça signifie qu'il va venir bientôt. Recouchons-nous pour l'attendre…"

samedi 17 décembre 2016

Avec mon sapin

– Maman!

– Oui?

– J'aimerais me marier avec mon sapin parce qu'il est trop beau!

vendredi 16 décembre 2016

Difficile de ne pas être d'accord

Nous n’avons jamais vraiment pu ne pas être d’accord : nous ne parlions pas la même langue.

mardi 13 décembre 2016

Ces ailes d'ange

Il y a ces ailes d’ange que je sens dans mon dos et que je ne peux pas déployer parce que je dois rester couché, à cause de la consigne. Ces ailes qui sont coincées sous moi, mais que je sens tout de même, comme des membres amputés.

Les outils de l'équilibre

Je n'ai pas à chercher en dehors de ma vie les outils pour lui trouver un équilibre: c'est elle qui me les tend.

dimanche 11 décembre 2016

Ma plainte

J’ai longtemps cru qu’écrire à ton sujet ne me serivirait qu’à me plaindre. C’est longtemps ma plainte qui s’est glissée en travers de mon écriture.

samedi 10 décembre 2016

Des livres à écrire

Une note, de 2013:


"Je suis le seul à savoir que j'ai des livres à écrire, à me l'imposer."

vendredi 9 décembre 2016

Papa tombe à la renverse

Une note, de 2007:

"Cette nuit, papa est venu dans la nouvelle maison de maman (qui ressemblait beaucoup à la sienne) accompagné des deux enfants qui lui restent. Me voir lui a fait un tel choc qu’il est tombé à la renverse, mais un médecin qui était là, avec lui – on pouvait le reconnaître à son stéthoscope: il ressemblait beaucoup au psy du Borda qui s’occupe du tango –, a dû le retenir dans ses bras. Il venait avec ses deux enfants parce qu’il avait très peur de sa femme."

jeudi 8 décembre 2016

Un baiser profond

Si je me bats avec ma langue, c’est que j’ai l’illusion qu’elle pourrait atteindre la tienne. Je parle de mots et c’est l’image d’un baiser profond qui me vient, comme ça, au détour de ce que j’essaie de comprendre.

mardi 6 décembre 2016

Le métier d'écrire

Par rapport à ton histoire, à notre histoire, je me suis toujours dit deux choses : l’histoire d’un père absent n’intéressera personne, j’écrirai cette histoire quand j’aurai appris le métier d’écrire.