Une note, de 2010:
"Je crois que je commence à savoir écrire avec l’écriture que j’ai et pas avec l’écriture que j’aimerais avoir, que je commence à savoir qu’écrire avec l’écriture que j’ai est encore la meilleure manière de découvrir vraiment l’écriture que j’aimerais avoir, écriture qui ne doit correspondre que d’assez loin à celle que je crois que j’aimerais avoir…
Partir de maintenant, c’est d’abord partir de ce que je sais écrire maintenant. Je crois que ce qui me faisait fuir l’écran, c’est que je voulais, sans m’en rendre compte, partir d’ailleurs: je voulais partir de là où j’avais très envie d’arriver."
dimanche 30 mars 2014
samedi 29 mars 2014
Le cercle de Jacques
Une carte de Jacques depuis le Japon avec la deuxième calligraphie la plus difficile à réaliser: le cercle.
La première, celle qui est réservée aux seuls maîtres, c'est le chiffre 1: un simple trait horizontal.
Quand j'ai fini de lire ses quelques mots, j'étais très ému: vu les circonstances, son beau cercle pouvait difficilement mieux tomber.
vendredi 28 mars 2014
Les quatre souffrances primaires (bis)
– Alors, Mademoiselle, quelles sont les quatre souffrances primaires?
– Naître, tomber malade, vieillir et mourir.
– Et, Mademoiselle, est-ce que ça vous semble être des souffrances?
– Oui et non... Un peu, pas toujours...
– Oui et non? Ah ah... Quand oui et quand non?
– La mort, j’ai un peu de peine à me faire une idée parce que ça ne m’est encore jamais arrivé...
– Ah oui, je comprends, ça ne vous est encore jamais arrivé...
– Et la naissance, ça fait trop longtemps, je ne m’en souviens plus...
– Ah ah, c’est ça... Et tomber malade, ça vous semble une souffrance?
– Euh... oui.
– Mais si vous devez vous présenter à un examen et que vous n’êtes pas prête, vous serez sans doute contente d’être malade...
– Oui, c’est vrai...
– Et quel est le problème avec la naissance?
– Je sais pas...
– C’est qu’on ne naît pas où on veut, ni des parents dont on voudrait naître... Enfin, certaines personnes peuvent choisir, mais c’est une autre histoire. Pour vieillir, c’est la même chose: si on veut être vieux et qu’on est vieux, pas de problème. Si on veut être jeune et qu’on est jeune, pas de problème. Le problème vient quand on est vieux et qu’on voudrait être jeune ou le contraire, quand on est jeune et qu’on voudrait être vieux.
– Naître, tomber malade, vieillir et mourir.
– Et, Mademoiselle, est-ce que ça vous semble être des souffrances?
– Oui et non... Un peu, pas toujours...
– Oui et non? Ah ah... Quand oui et quand non?
– La mort, j’ai un peu de peine à me faire une idée parce que ça ne m’est encore jamais arrivé...
– Ah oui, je comprends, ça ne vous est encore jamais arrivé...
– Et la naissance, ça fait trop longtemps, je ne m’en souviens plus...
– Ah ah, c’est ça... Et tomber malade, ça vous semble une souffrance?
– Euh... oui.
– Mais si vous devez vous présenter à un examen et que vous n’êtes pas prête, vous serez sans doute contente d’être malade...
– Oui, c’est vrai...
– Et quel est le problème avec la naissance?
– Je sais pas...
– C’est qu’on ne naît pas où on veut, ni des parents dont on voudrait naître... Enfin, certaines personnes peuvent choisir, mais c’est une autre histoire. Pour vieillir, c’est la même chose: si on veut être vieux et qu’on est vieux, pas de problème. Si on veut être jeune et qu’on est jeune, pas de problème. Le problème vient quand on est vieux et qu’on voudrait être jeune ou le contraire, quand on est jeune et qu’on voudrait être vieux.
jeudi 27 mars 2014
Tout ce qui naît meurt
– Allo? Furaibo.
– Hola Sensei! C’est monsieur Pierre au téléphone. Je voulais encourager toute l’équipe pour le million de mantras.
– Ah! Merci! Namanda! Comment allez-vous?
– En train d’attendre une naissance et une mort...
– Tout ce qui naît meurt. Qui est-ce qui va décéder?
– C’est ma tante: elle est malade depuis longtemps, mais là...
– Elle est encore consciente?
– Oui, mais par moment la conscience s’en va...
– Namanda pour toute votre famille!
– Hola Sensei! C’est monsieur Pierre au téléphone. Je voulais encourager toute l’équipe pour le million de mantras.
– Ah! Merci! Namanda! Comment allez-vous?
– En train d’attendre une naissance et une mort...
– Tout ce qui naît meurt. Qui est-ce qui va décéder?
– C’est ma tante: elle est malade depuis longtemps, mais là...
– Elle est encore consciente?
– Oui, mais par moment la conscience s’en va...
– Namanda pour toute votre famille!
mercredi 26 mars 2014
Les détails concrets
– Et toi, t’as bien dormi?
– Oui, entre 23h30 et 4h30… Après, je pensais aux détails concrets, à ce qu’on allait faire avec les meubles, à la maison vide, silencieuse, aux clés du garage à rendre. En fait, je pensais surtout à la buanderie de Dellon dans une lumière grise de petit matin d’hiver.
mardi 25 mars 2014
A cette dernière table
À Buenos Aires, il y avait la Tolva, los Cantábricos, il y avait las Violetas. À Morges, il y a la Locanda.
C’est à cette dernière table qu’on finit par relire la dernière version d’un manuscrit mis en page, par se dire que ça ira, par fermer les yeux et verser une larme sur un roman qui prend toujours à la gorge, par surprise, même après toutes ces lectures, après cette chasse aux deux-points tombés du mauvais côté de la page, aux chapitres siamois, aux lignes orphelines.
C’est à cette dernière table qu’on finit par relire la dernière version d’un manuscrit mis en page, par se dire que ça ira, par fermer les yeux et verser une larme sur un roman qui prend toujours à la gorge, par surprise, même après toutes ces lectures, après cette chasse aux deux-points tombés du mauvais côté de la page, aux chapitres siamois, aux lignes orphelines.
lundi 24 mars 2014
Sous l'angle des rapports humains
– À ce propos, quelle est la cible de votre émission?
– On y parle de rapports humains. On peut donc aborder l’Histoire, la spiritualité, la sociologie, tout ce qu’on veut à partir du moment où on le fait sous l’angle du rapport entre les hommes et les femmes.
– En fait, ma question est intéressée. J’ai un premier roman qui sort dans un mois, pour le Salon de Genève: il parle de l’Ordre du Temple Solaire, justement sous l’angle des rapports humains, et je me disais que…
– Euh, eh bien…
– Enfin… Si vous avez le temps…
– Vous voyez… Ce n’est pas une question de temps, c’est que…
– Écoutez, on fait comme ça: je vous l’enverrai et vous verrez. Bonne fin de journée à vous!
– On y parle de rapports humains. On peut donc aborder l’Histoire, la spiritualité, la sociologie, tout ce qu’on veut à partir du moment où on le fait sous l’angle du rapport entre les hommes et les femmes.
– En fait, ma question est intéressée. J’ai un premier roman qui sort dans un mois, pour le Salon de Genève: il parle de l’Ordre du Temple Solaire, justement sous l’angle des rapports humains, et je me disais que…
– Euh, eh bien…
– Enfin… Si vous avez le temps…
– Vous voyez… Ce n’est pas une question de temps, c’est que…
– Écoutez, on fait comme ça: je vous l’enverrai et vous verrez. Bonne fin de journée à vous!
dimanche 23 mars 2014
Les Alpes suspendues dans le soleil de mars
Les Alpes suspendues dans le soleil de mars.
Comme au milieu d’un poème de Roud, d’un poème de Jaccottet.
Comme au milieu d’un poème de Roud, d’un poème de Jaccottet.
samedi 22 mars 2014
Le contraire de Joël Dicker
Je me rends compte qu’avec le Sirius, j’ai voulu faire quelque chose qu’on pourrait décrire comme le contraire du projet de Joël Dicker, pour prendre un exemple que beaucoup ont lu. Non pas écrire un roman où chaque élément est utile – et si possible plusieurs fois –, mais un texte où le lecteur doit s’appuyer sur son intuition pour sélectionner, au milieu d’une masse de faits et de discours la plupart du temps contradictoires, des indices donnés l’air de rien, par la bande.
vendredi 21 mars 2014
20’000
20’000 pages depuis le début, vues, lues, discutées.
C’est beaucoup, c’est peu, c’est égal – j’aimerais bien que ça soit égal.
Écrire en compagnie, pas dans son coin pour ciseler Le Livre, celui qui ne viendra jamais.
Habituer les mots à circuler, à prendre l’air, à se remplir de leur lecture.
Un rendez-vous, jour après jour, peu importe où.
C’est beaucoup, c’est peu, c’est égal – j’aimerais bien que ça soit égal.
Écrire en compagnie, pas dans son coin pour ciseler Le Livre, celui qui ne viendra jamais.
Habituer les mots à circuler, à prendre l’air, à se remplir de leur lecture.
Un rendez-vous, jour après jour, peu importe où.
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