vendredi 30 mai 2014

Débusquer les fuites et les détours

Une note, de 2010:

"Les tensions que je vais vivre seront exclusivement des tensions mentales, des tensions de postures mentales. J’aurai peut-être un peu mal au dos ou aux poignets, peut-être un peu froid, mais ça sera autre chose. L’écriture va me permettre de me concentrer exclusivement sur ma manière de positionner les choses dans ma tête, sur ma manière d’entrer en relation avec ce qui se passe dans ma tête.

Une bonne manière d’être présent à mes structures mentales, de mieux comprendre comment elles s’articulent, comment elles s’interconnectent, comment elles réagissent les unes aux autres. Une bonne manière de gagner en limpidité et en simplicité, à tous les niveaux, une bonne manière de débusquer les fuites et les détours."

jeudi 29 mai 2014

Le calme et l’immobilité

– Il y a une différence entre le calme et l’immobilité: le calme, c’est la force maîtrisée; l’immobilité, c’est la maîtrise forcée.

mercredi 28 mai 2014

Une réédition dans l’air du temps

– Peut-on écrire avec poésie, lyrisme, violence, onirisme, intensité, sans laisser de place aux sentiments, ceux des figures (on ne peut parler ici de personnages) ou ceux de l’auteur ?

Jusque-là, on est tout à fait d’accord et ça fait vraiment plaisir à lire!

– C’est le pari qu’avait fait Pierre Fankhauser il y a une quinzaine d’années avec son premier roman, Sirius, et qu’il renouvelle avec cette réédition toujours dans l’air du temps, remettant sous d’étranges projecteurs une écriture fulgurante.

Tout d’un coup, ça devient à la fois juste et faux. Juste parce que ça fait une bonne douzaine d’années que j’y travaille, sur ce texte. Faux parce que c’est bel et bien la toute première édition.

Sur les cendres d’un coup de chaleur face à cette contrevérité exposée au grand jour – ma carrière, mon Dieu, ma carrière! – naît petit à petit ce personnage d’un auteur au premier roman déjà bien lointain, installé confortablement dans le paysage des lettres romandes, auteur malin qui se paie un coup de jeune avec une réédition chez le nouvel éditeur qui monte.


mardi 27 mai 2014

Tous les sillons endorment

- Dans l'idéal, il ne faudrait jamais prendre tout à fait le même chemin pour aller d'un endroit à un autre, par exemple de chez vous à votre lieu de travail. Tous les sillons endorment.

lundi 26 mai 2014

Le chalet de Tabachnik

Cette histoire de l’Ordre du Temple Solaire à la base de mon roman est venue à moi par la bande.

Michel Tabachnik, le chef d’orchestre soi-disant théoricien de l’Ordre, a fait construire un chalet dans le Val d’Hérens, à Villa, juste au-dessus d’Evolène, et l’a vendu après son divorce – tout plein, avec ses livres ésotériques, son piano droit et ses partitions manuscrites – à un professeur de maths à l’EPFL qui a commencé à le louer aux touristes.

Depuis le début des années 90, on y monte trois semaines par été avec ma mère et ma tante et quand l’affaire de l’OTS a éclaté, ça m’a fait tout drôle de penser que j’avais passé mes vacances au milieu des livres qui avaient nourri ces théories et conduit ces gens à se mettre le feu pour atteindre Sirius... Alors j’ai commencé à me renseigner.

dimanche 25 mai 2014

Sa propre utilité

C’est toujours difficile d’évaluer sa propre utilité… On fait ce qu’on fait et on essaie de le faire bien. 

samedi 24 mai 2014

Je lis un peu en croix

– C’est vrai que toi, t’es super actif sur les réseaux sociaux: Facebook, Linkedin… Tous les jours quelque chose!

– Ben oui. Et encore plus depuis que j’ai sorti mon roman.

– Parce que t’as sorti un roman?

– …

– Oh, tu sais, en général je lis un peu en croix...

vendredi 23 mai 2014

Si je suis pas indiscret

- Si je suis pas indiscret, tu gagnes combien?

- C'est un 50% basé sur un 100% à 6000 brut: 2500 net.

- Ah...

- Disons que ça fait une base.

jeudi 22 mai 2014

En tête de gondole

– Moi, tu vois, c’est pas de tenir le bouquin dans la main qui m’a fait un truc. Ben ouais, voilà, il est là.

– Ça fait quand même plaisir, non?

– Oui oui, bien sûr. Mais là où j’ai vraiment senti quelque chose, c’est quand je l’ai vu sur les rayons de Payot, d’abord à Lausanne et puis sur la photo que Giuseppe a mise en ligne avec l’affiche de la dédicace d’Incardona. En tête de gondole: Sirius à côté de son bouquin à lui, de Gary et de Bobin.

– C’est qui ces deux-là?

mercredi 21 mai 2014

C'est toi le produit

- Si c'est gratuit, c'est toi le produit.