samedi 10 mai 2014

Il est dans dans ton ventre

- Il y a un monsieur qui s'appelle Jacques, qui écrit aussi des livres. Il est mort, il est là. 

- Monsieur Jacques?

- Non, pas le monsieur Jacques qu'on vient de voir dans le village d'à côté: un autre Jacques.

- L'est où monsieur Jacques? L'est là?

- Oui, d'une certaine manière, il est dans dans ton ventre. 

vendredi 9 mai 2014

Il y a mon nom écrit ici

- Livre Monsieur?

- Oui, c'est le livre qu'on est allé chercher à l'aéroport avec Monsieur Giuseppe.

- L'est où, Monsieur?

- Chez lui, dans sa maison. Tu vois, ce livre, c'est moi qui l'ai écrit. Il y a mon nom écrit ici.

- Papa!

- Oui, papa.

jeudi 8 mai 2014

Il y aurait sans doute eu un livre

– J'ai lu ta dédicace…

– Ah oui? C’était pas super original, mais je crois que ça correspond bien à ce que j’avais envie de dire.

– Si au moins c’était sincère…

– Ah ça… C’est vrai qu’il y aurait sans doute eu un livre, mais pas celui-là.

mercredi 7 mai 2014

Alors, il vient ce livre?

– Alors, il vient ce livre?

– Ben, tu vois, il est encore dans les cartons…

– J’ai vraiment très envie de l’avoir! Je vais passer la nuit dessus!

– Tu sais, après toutes ces années, quelques mois de plus ou de moins… Mais je vais voir ce que je peux faire.

mardi 6 mai 2014

Près de ma famille proche

– Tu as déjà réfléchi où tu voudrais être enterrée?

– Je sais, tu m’as déjà demandé: j’y ai pensé depuis. J’aimerais être enterrée ici, près de vous, près de ma famille proche.

lundi 5 mai 2014

Tu vas faire quoi avec ce bouquin?

– Alors, maintenant, tu vas faire quoi avec ce bouquin?

– Tu sais, c’est comme une naissance, ça fait pas mal d’émotions à la fois… Alors je crois que je vais attendre demain pour déballer les cartons et puis je ferai une dédicace à ma gentille petite femme, une à ma maman et après on verra.

dimanche 4 mai 2014

Sirius sur le tarmac

À l’heure qu’il est, Sirius devrait être sur le tarmac de Cointrin.

Demain: dédouanement, cartons, cartons, cartons, mon livre entre mes mains.

Giuseppe prie pour qu’il ne pleuve pas cette nuit: je me joins à lui.

samedi 3 mai 2014

Oser aller me perdre dans les mots

À Buenos Aires, j'étais trop loin pour oser aller me perdre dans les mots.

vendredi 2 mai 2014

Il y a deux écritures

Il y a deux écritures.

Celle qui tourne dans la tête à longueur de journée, qui éloigne de soi.

Celle qui ralentit la pensée en face des mots, qui ouvre des chemins vers le centre et le maintenant.

jeudi 1 mai 2014

A l'époque où les livres pouvaient me sauver

En me baladant le long des allées du Salon du Livre, je me suis tout d’un coup souvenu de l’époque où j’avais l’impression que les livres pouvaient me sauver.

Cette époque est révolue, mais, au fond de moi, le fantôme de cette impression continue à me guider de travers, en toute discrétion.